Confirmation de l'habitat du lamantin d'Afrique dans le fleuve Kouilou au Congo

Édité par : Olga Samsonova

Une campagne de conservation a permis de confirmer de manière irréfutable la présence du lamantin d'Afrique (*Trichechus senegalensis*) au sein du réseau hydrographique du fleuve Kouilou, en République du Congo. Cette espèce, classée comme Vulnérable sur la Liste Rouge de l'UICN, demeure l'un des siréniens les moins étudiés du continent africain, conférant une valeur écologique particulière à cette validation pour les futures stratégies de protection.

Cette avancée résulte d'une collaboration entre l'association majorquine Tursiops et l'Institut Jane Goodall, dont les efforts soutiennent l'extension de la Réserve Naturelle de Tchinpounga. La Réserve de Tchimpounga, établie en 1992 près de Pointe-Noire sur 70 kilomètres carrés, est reconnue comme un refuge essentiel pour les chimpanzés. L'environnement aquatique adjacent, le fleuve Kouilou, est désormais identifié comme un habitat critique pour le lamantin.

Les équipes de terrain ont rapporté des observations directes, incluant la détection d'une unité mère et son petit, une tâche rendue ardue par la nature extrêmement turbide des eaux du fleuve. Pour pallier cette opacité visuelle, Tursiops a mis en œuvre des technologies avancées, notamment l'utilisation d'hydrophones pour recueillir des données bioacoustiques, complétées par la formation d'experts locaux. Des études datant de 2025 ont renforcé cette confirmation par l'analyse de l'ADN environnemental (eDNA) et l'exploitation d'enregistrements provenant de caméras sous-marines, une première pour l'étude de cette espèce dans de telles conditions.

Cette identification dans le tronçon spécifique du fleuve Kouilou constitue une nouveauté scientifique, l'espèce n'ayant pas été documentée auparavant dans cette étendue d'eau, ce qui souligne la fragilité inhérente à ce mammifère herbivore. Les menaces générales pesant sur le lamantin d'Afrique comprennent la destruction de l'habitat, les captures accidentelles dans les engins de pêche et le braconnage. La présence confirmée dans le Kouilou, qui fait partie des systèmes fluviaux où l'espèce est recensée, exige une attention accrue.

En réponse à ces découvertes, des mesures de gestion conservatoire sont proposées, incluant l'instauration de zones d'exclusion pour les bateaux à moteur afin de minimiser les perturbations anthropiques dans cet écosystème nouvellement validé. L'Institut Jane Goodall, dont le centre de Tchimpounga emploie près de 100 membres du personnel congolais, soutient également les communautés locales. L'implication communautaire, notamment par la sensibilisation dans les écoles auprès de 300 à 500 enfants, est une composante essentielle pour assurer la pérennité de la protection de ces habitats aquatiques. Cette confirmation enrichit la cartographie de distribution de l'espèce, qui s'étend historiquement du Sénégal à l'Angola, et met en lumière la nécessité de protocoles de suivi harmonisés à travers l'aire de répartition ouest-africaine.

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Sources

  • Última Hora

  • O Antagonista

  • UICN

  • ResearchGate

  • SciSpace

  • Marilles Foundation

  • The Guardian

  • Deccan Chronicle

  • IFLScience

  • Chester Zoo

  • Malay Mail

  • Mongabay

  • Chester Zoo

  • SWNS

  • GOV.UK

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