Rôle des baleines dans la séquestration du carbone océanique confirmé par la science
Édité par : Olga Samsonova
De récentes investigations scientifiques confirment l'influence majeure des grands cétacés sur la régulation du climat planétaire, les positionnant comme des acteurs essentiels dans la séquestration du carbone océanique. Ces mammifères marins agissent comme des puits de carbone vivants, exerçant un impact notable sur les concentrations de dioxyde de carbone atmosphérique. Il est estimé qu'une seule grande baleine peut séquestrer jusqu'à 33 tonnes de CO2 sur la durée de son existence. À leur mort, leurs carcasses coulent vers les fonds marins, un processus désigné sous le nom de « chute de baleine » (whale fall), emprisonnant ce carbone dans les sédiments pour des siècles.
En parallèle de cette séquestration post-mortem, les baleines optimisent l'absorption de carbone grâce à un mécanisme biologique sophistiqué, la « pompe à baleine ». La professeure de biologie marine Heidi Pearson, chercheuse à l'Université d'Alaska Southeast, souligne que le brassage des nutriments opéré par ces animaux fertilise le phytoplancton en surface. Les excréments des baleines, riches en azote, phosphore et fer, agissent comme un engrais direct pour ces micro-organismes. Cette fertilisation est si significative qu'à Hawaï, les nutriments apportés par les baleines représentent près du double de ceux véhiculés par les forces physiques locales. Le phytoplancton, par photosynthèse, capture d'immenses quantités de dioxyde de carbone atmosphérique, rejetant la moitié de l'oxygène respiré sur Terre.
L'impact de la restauration des populations est directement lié aux objectifs climatiques. Une étude publiée dans *Trends in Ecology & Evolution* suggère que le rétablissement des effectifs de baleines pourrait accroître la productivité marine de 11 % dans l'océan Austral, entraînant une absorption supplémentaire de 215 millions de tonnes de carbone par le phytoplancton. Le phytoplancton absorbe environ 40 % de tout le CO2 anthropique, un volume équivalent au CO2 capturé par 1 700 milliards d'arbres. Le Fonds Monétaire International (FMI) considère la protection des baleines comme un levier pour le climat et explore des mécanismes financiers pour soutenir leur conservation.
Néanmoins, cette perspective fait face à des nuances scientifiques. Des travaux menés par l'Université Griffith en Australie indiquent que la capacité de séquestration des cétacés pourrait être surestimée, suggérant que leur contribution au flux mondial de carbone est trop faible pour réduire efficacement le carbone atmosphérique, malgré leur importance écologique avérée. Historiquement, la chasse industrielle a eu des conséquences dramatiques: le nombre de baleines bleues a chuté de 98,5 %, entraînant la disparition d'un stock de carbone estimé à 17 millions de tonnes séquestrées dans ces animaux. Le moratoire de 1986 sur la chasse commerciale a permis un rétablissement, comme en témoigne la France avec son Plan d'actions pour la protection des cétacés lancé en juin 2020, visant à réduire les pressions anthropiques.
La conservation des baleines est donc intrinsèquement liée à l'équilibre des systèmes marins et à la régulation climatique. L'amélioration de la compréhension de ce cycle dynamique repose sur une collaboration étroite entre écologistes, océanographes et modélisateurs du cycle du carbone, afin de traduire les données scientifiques en stratégies de politique publique efficaces.
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Sources
icohol.com
vertexaisearch.cloud.google.com
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