Réglementations Mondiales Accélérées Face à la Consommation d'Aliments Ultra-Transformés
Édité par : Olga Samsonova
L'alerte sanitaire mondiale concernant les aliments ultra-transformés (AUT) s'intensifie, ces produits étant désormais associés à des pathologies graves à l'échelle planétaire. Ces denrées industrielles, souvent définies par l'ajout de plus de cinq ingrédients chimiquement transformés, comme les protéines isolées ou les matières grasses hydrogénées, constituent un secteur agroalimentaire mondial évalué à 1 900 milliards de dollars, selon des analyses récentes. La consommation d'AUT est directement corrélée à une augmentation des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et de l'obésité, des préoccupations qui exigent une action immédiate en santé publique.
Le Royaume-Uni a récemment mis en œuvre une mesure réglementaire significative en instaurant, à compter du 5 janvier 2026, des règles strictes interdisant la publicité en ligne pour la malbouffe et limitant les annonces télévisées avant 21 heures. Cette initiative vise à soustraire des milliards de calories du régime alimentaire annuel des enfants, le gouvernement estimant que cette politique pourrait entraîner une réduction de 20 000 cas d'obésité infantile et générer une économie de 2 milliards de livres sterling pour le NHS. Les produits spécifiquement ciblés incluent les biscuits, les céréales sucrées, les boissons gazeuses et les pizzas, dont les formulations les moins saines sont pénalisées par des systèmes de notation évaluant les teneurs en graisses, sel et sucre.
Parallèlement, aux États-Unis, les Lignes directrices diététiques pour les Américains (Dietary Guidelines for Americans - DGA) pour la période 2025-2030, publiées conjointement par le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS) et le Ministère de l'Agriculture (USDA) le 7 janvier 2026, préconisent explicitement de limiter la consommation d'articles hautement transformés. Ces directives quinquennales adoptent une position plus ferme en affirmant qu'aucune quantité de sucres ajoutés ou d'édulcorants non nutritifs n'est recommandée dans un régime sain. Elles influencent directement des programmes fédéraux majeurs, tels que les repas scolaires, et recommandent spécifiquement zéro sucre ajouté pour les enfants de moins de quatre ans, alors que les pourcentages d'apport calorique en AUT atteignent jusqu'à 60 % dans ce pays.
L'accélération de l'action réglementaire se manifeste à l'échelle internationale, bien que des débats persistent quant à la définition précise des aliments ultra-transformés, qui forment un continuum de transformation plutôt qu'une simple dichotomie. Des experts, notamment ceux ayant contribué à des séries d'articles dans The Lancet, appellent à une « réponse mondiale audacieuse et coordonnée » nécessitant une réglementation plus stricte pour contrer les stratégies de l'industrie agroalimentaire axées sur le profit. Ces mesures, qu'il s'agisse des restrictions publicitaires britanniques ou des recommandations nutritionnelles américaines, signalent un changement de paradigme où la santé publique prend le pas sur les intérêts commerciaux, l'objectif étant de modifier durablement l'offre et la demande alimentaires par des politiques publiques coordonnées.
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Sources
Corriere della Sera
JD Supra
ASTHO
The Guardian
GOV.UK
EdNC
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