Résilience alimentaire des ours polaires du Svalbard face au retrait de la banquise

Édité par : Olga Samsonova

Des recherches récentes menées sur la population d'ours polaires de l'archipel norvégien du Svalbard révèlent une adaptation alimentaire inattendue face à la diminution accélérée de la banquise due au changement climatique. Une étude publiée dans la revue Scientific Reports a analysé l'Indice de Condition Corporelle (ICC) des spécimens entre 1992 et 2019. De manière contre-intuitive, les scientifiques ont constaté que la masse corporelle et les réserves adipeuses des ours avaient augmenté après l'an 2000, malgré une augmentation significative du nombre de jours sans glace de mer dans leur environnement.

Le contexte environnemental dans la mer de Barents, où réside cette population, est caractérisé par un réchauffement rapide, avec des hausses de température pouvant atteindre 2°C par décennie depuis 1980, entraînant une perte de glace deux fois plus rapide que dans d'autres régions de l'Arctique. Cette amélioration de la condition physique s'explique par une diversification substantielle du régime alimentaire. Les ours, traditionnellement dépendants de la chasse aux phoques, ont intégré des ressources terrestres caloriques, notamment par le charognage de carcasses de morses et la prédation active de rennes, dont la population locale a augmenté depuis l'interdiction de leur chasse en 1925. Des observations filmées en août 2020 ont même documenté une jeune ourse chassant un renne dans l'eau glacée, illustrant cette transition diététique atypique.

Toutefois, les spécialistes tempèrent cet apparent succès adaptatif. Le Dr Jon Aars, chercheur principal à l'Institut Polaire Norvégien et figure centrale de ces études, met en garde contre la pérennité de cette stratégie. Le Dr Aars souligne que cette résilience observée est probablement temporaire et non une adaptation définitive à la crise climatique. Il avertit qu'un seuil critique sera atteint si la fonte de la glace marine se maintient à son rythme actuel. La survie à long terme de l'ours polaire, classé vulnérable par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, dépend fondamentalement de la glace de mer pour accéder à son régime principal riche en phoques.

L'archipel du Svalbard héberge environ 3 000 des quelque 26 000 ours polaires estimés dans l'Arctique. Les recherches de l'Institut Polaire Norvégien, débutées dans les années 1960, ont permis de distinguer deux schémas de déplacement: des ours sédentaires locaux et des ours pélagiques parcourant de vastes zones le long de la lisière de glace. Ces derniers dépensent plus d'énergie pour rester près de la glace et chasser les phoques toute l'année, contrairement aux sédentaires qui doivent se contenter d'un régime moins riche à terre durant l'été sans glace. La question centrale soulevée par le Dr Aars et ses collègues, dont Magnus Andersen, est de déterminer la limite de tolérance de ces animaux face à l'accélération du changement environnemental dans la mer de Barents. Bien que les données de 2015 aient montré une population en bonne santé, les réserves du Dr Aars persistent quant à leur capacité à supporter des changements futurs prolongés.

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Sources

  • PEOPLE.com

  • Climate Depot

  • The National

  • The Straits Times

  • Popular Science

  • WWF Arctic

  • Ground News

  • Greater Belize Media

  • The National

  • The Straits Times

  • Discover Magazine

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