Transmission Culturelle de la Chasse par Filet de Bulles chez les Baleines à Bosse de Colombie-Britannique
Édité par : Olga Samsonova
Les baleines à bosse fréquentant les eaux du nord de la Colombie-Britannique démontrent une capacité notable d'apprentissage social par l'adoption et la propagation de la méthode de chasse coopérative connue sous le nom de filet de bulles. Cette technique sophistiquée repose sur une coordination précise: un individu émet des vocalisations tandis que d'autres créent un anneau de bulles pour confiner les bancs de harengs, aboutissant à une remontée synchronisée pour se nourrir. Des chercheurs ont documenté la diffusion de ce savoir-faire comportemental à travers les réseaux sociaux de ces cétacés sur une période de deux décennies, illustrant un exemple marquant de culture animale.
Une investigation approfondie, s'étalant sur vingt années, menée conjointement par l'organisation BC Whales et l'Université de St Andrews en Écosse, a validé cette transmission sociale des stratégies d'alimentation au sein du Système des fjords de Kitimat. L'étude a répertorié 526 individus, confirmant que 254 d'entre eux employaient activement cette technique apprise. Les filets à bulles étaient déjà observés en Alaska lorsque les scientifiques ont commencé à suivre leur usage dans les fjords de Kitimat en 2005, en partenariat avec la Première Nation Gitga'at. Éadin O'Mahony, écologiste des mammifères marins à l'Université de St. Andrews, a souligné l'importance de cette démonstration de coopération.
L'augmentation de l'utilisation du filet de bulles est considérée comme un facteur clé pour la résilience de la population de baleines à bosse, qui compte désormais plus de 500 individus dans cette région spécifique. Ces mammifères marins, dont la population se rétablit après les impacts de la chasse commerciale, affichent une croissance annuelle estimée entre 6 et 8 pour cent dans le système des fjords de Kitimat. Les spécialistes insistent sur le fait que la préservation de ce savoir-faire culturel est essentielle pour l'adaptabilité de l'espèce face aux dynamiques changeantes de l'environnement océanique.
Le système des fjords de Kitimat, une caractéristique géographique majeure des territoires des Gitga'at et des Premières Nations voisines dans la forêt pluviale de Great Bear, est un lieu d'une importance écologique reconnue. Cependant, cette zone d'alimentation vitale est confrontée à des menaces croissantes dues à l'intensification des activités industrielles et à l'augmentation du trafic maritime près de Kitimat. Des projets de transport maritime, notamment l'arrivée de méthaniers vers le terminal LNG Canada, introduisent des risques accrus de collisions fatales, aggravés par la visibilité réduite pour les équipages durant les passages nocturnes. Les chercheurs mettent en garde que la perte de connaissances comportementales apprises peut s'avérer aussi préjudiciable que la diminution numérique de la population.
La technique du filet de bulles, qui permet aux baleines à bosse de capturer de grandes quantités de proies comme le hareng avec une dépense énergétique optimisée, peut impliquer des groupes allant jusqu'à seize individus dans cette région. Ce comportement, qui peut prendre la forme d'un cylindre ou d'un cône de bulles, illustre la complexité sociale des cétacés, démontrant ici une transmission culturelle horizontale. La protection de ces écosystèmes côtiers, où les baleines à bosse montrent une fidélité au site, est donc impérative pour assurer la continuité de ces stratégies d'adaptation acquises.
6 Vues
Sources
thepeterboroughexaminer.com
Earth.com
Science News
Science News
Science News
Science News
Lisez plus d’actualités sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.
