Apparition d'un Tūī Blanc Révèle le Succès de la Restauration Écologique à Ōhiwa

Édité par : Olga Samsonova

Des observations récentes d'un tūī blanc, une variation chromatique rare due au leucisme, dans le secteur de Waiotahe, dans la région orientale de la Baie de l'Abondance, ont récemment retenu l'attention en Nouvelle-Zélande. Cet oiseau, présentant une absence de pigmentation dans son plumage, se distingue des spécimens aux couleurs habituelles bleu, noir et vert. Les chercheurs ont confirmé la présence d'au moins trois individus leucistiques dans cette zone, un indicateur de la protection génétique réussie au sein de ce sanctuaire, considéré comme un tohu pai, un signe positif, par les responsables du programme de conservation.

L'émergence de ces oiseaux uniques valide les efforts déployés par l'Ōhiwa Headland Sanctuary Trust. Depuis sa création en 2016, cette initiative communautaire gère 1900 hectares de brousse côtière à l'ouest d'Ōpōtiki et a mené des campagnes intensives de piégeage contre les espèces nuisibles. Entre 2016 et aujourd'hui, cette gestion a permis de réduire drastiquement les populations de nuisibles, notamment par le retrait de 3097 opossums de la zone opérationnelle, entraînant des bénéfices écologiques significatifs.

Cette gestion proactive du paysage a facilité le retour d'espèces emblématiques telles que les sinisomes (bellbirds), les manchots pygmées (little blue penguins) et les faucons (falcons) sur le continent du sanctuaire. La diminution de la pression exercée par les opossums, mammifères introduits et brouteurs voraces, a eu un effet direct sur la régénération du couvert forestier indigène. Ces animaux ciblent spécifiquement les fleurs de certaines espèces d'arbres, comme le kohekohe, empêchant la production de graines. La réduction de ce broutage a permis aux kohekohe de retrouver une floraison abondante, y compris par cauliflorie, un phénomène qui augmente la pollinisation par les nectarivores comme le tūī.

Le succès de cette restauration repose sur une collaboration soutenue entre la communauté locale, regroupant 165 résidents et propriétaires fonciers, et les partenaires Iwi, dont Whakatāhea et Te Ūpokorehe. Le programme a bénéficié d'un soutien gouvernemental notable, notamment via le programme Jobs for Nature entre 2021 et 2024, ce qui a permis d'étendre la zone de contrôle des nuisibles de 1100 hectares supplémentaires. L'éradication des mammifères nuisibles a favorisé la régénération de la canopée et l'apparition de semis d'arbres indigènes, avec des estimations allant jusqu'à un million de nouveaux semis de kohekohe par hectare dans d'autres zones après contrôle.

Le leucisme, condition héréditaire différente de l'albinisme, est observé chez ce tūī, et la présence de plusieurs individus suggère que leur patrimoine génétique est bien établi et protégé. L'implication communautaire est soulignée par le soutien reçu lors du vote pour une subvention Kiwibank Predator Free, où le Trust a recueilli 1001 votes. Les efforts de contrôle incluent également la capture de 217 rats, 13 belettes et 6 furets depuis la création du Trust, visant un statut « sans nuisibles » sur la zone. Ces résultats confirment l'impact positif des stratégies appliquées dans la région d'Ōhiwa, allant de la vitalité accrue de la flore à la réapparition d'oiseaux marins comme le pétrel à col de flamme (grey-faced petrel).

Sources

  • NewstalkZB

  • NZ Herald

  • NZ Herald

  • NZ Herald

  • SunLive

  • Trees That Count

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