Des chercheurs de l'Institut Roslin de l'Université d'Édimbourg ont atteint une étape majeure dans la protection de l'élevage porcin mondial en créant des porcs dotés d'une immunité intrinsèque contre la peste porcine classique (PPC). Cette avancée repose sur des techniques d'édition génomique de pointe, constituant une réponse ciblée à une maladie qui menace sérieusement la production alimentaire planétaire. L'innovation principale réside dans la modification précise d'une protéine vitale pour la réplication du virus de la PPC.
Les essais menés ont clairement démontré cette nouvelle résilience. Tandis que les sujets non modifiés succombaient après exposition virale, les porcs génétiquement ajustés sont restés indemnes, sans développer aucun symptôme de la maladie. Cette stratégie préventive, agissant au niveau du patrimoine génétique, représente une voie plus sûre que les méthodes de contrôle traditionnelles. La PPC, tout comme sa cousine la peste porcine africaine (PPA), est un fléau dont l'impact économique est considérable, notamment en Asie et en Amérique Latine, où elle peut décimer des cheptels et déstabiliser les marchés de la viande.
Contrairement à la PPA, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement curatif et dont le virus est réputé pour sa survie prolongée dans les tissus, la PPC fait l'objet de campagnes de vaccination et d'abattages sanitaires dans les zones endémiques. Cette nouvelle résistance à la PPC pourrait ainsi alléger le fardeau financier associé à ces mesures d'urgence, offrant une perspective de stabilité accrue pour l'industrie porcine mondiale. Cette dernière représente une part substantielle de l'approvisionnement en protéines et est régulièrement mise à l'épreuve par ces menaces sanitaires.
Des simulations d'urgences sanitaires, y compris celles conduites en France, illustrent les répercussions immédiates sur les prix et le commerce si de grands importateurs comme la Chine, le Japon ou la Corée du Sud cessaient leurs achats suite à une infection. L'accord récent entre la France et la Chine sur la reconnaissance du zonage vise d'ailleurs à atténuer ces chocs en maintenant les échanges commerciaux pour les zones non contaminées.
Cette prouesse de l'Institut Roslin s'inscrit dans une série de recherches en génomique animale, d'autres travaux ayant ciblé des marqueurs pour la résistance aux maladies respiratoires. En intégrant une défense au niveau cellulaire, cette approche déplace la résolution du problème de la réaction d'urgence vers une préparation fondamentale. Elle offre ainsi une opportunité de renforcer l'intégrité structurelle des systèmes d'élevage face aux défis biologiques émergents.
