Succès du projet de restauration de l'île de Raine: augmentation des populations de tortues vertes

Édité par : Olga Samsonova

Les efforts de conservation menés sur l'île de Raine, site de la plus grande rookerie de tortues vertes au monde, affichent des résultats tangibles. Des relevés effectués début 2026 confirment le succès du Projet de Récupération de l'Île de Raine, dont les phases d'intervention majeures se sont achevées fin 2025. Cette île est essentielle, car elle soutient près de 90 pour cent de la population de tortues vertes du nord de la Grande Barrière de Corail.

L'île de Raine, un cay de corail végétalisé d'environ 32 hectares, est située à environ 620 km au nord-ouest de Cairns, dans le Queensland. Le Projet de Récupération, une collaboration entre les Propriétaires Traditionnels (Wuthathi et Nation Meriam), les scientifiques, le gouvernement et le secteur privé, a concentré ses actions sur la restauration de cet habitat vital. L'une des interventions principales, initiée en 2014, a consisté à remodeler et surélever les plages de nidification en déplaçant environ 40 000 mètres cubes de sable. Cette reprofilation a permis de doubler la surface des zones de nidification viables, protégeant ainsi des centaines de milliers d'œufs de l'inondation par les marées.

En parallèle, l'installation de 1750 mètres de clôtures spécifiques a été réalisée pour prévenir les chutes mortelles des tortues sur les falaises basses de l'île, sauvant ainsi près de 700 individus. L'impact direct de ces travaux sur la reproduction est significatif, avec une estimation de 640 000 éclosions supplémentaires sur plusieurs années, selon la Great Barrier Reef Foundation.

Les méthodes de recensement ont été modernisées, passant des comptages biaisés par la peinture sur les carapaces à l'utilisation de drones, une technique jugée plus sûre et plus précise par des chercheurs comme le Dr Andrew Dunstan. Un recensement effectué en décembre 2019 a révélé une agrégation de 64 000 tortues vertes attendant de pondre, un chiffre potentiellement 1,73 fois supérieur aux estimations antérieures.

La conservation de cette population emblématique est désormais confrontée à la menace persistante du changement climatique, qui modifie le rapport des sexes des nouveau-nés. Des études ont montré que les températures d'incubation élevées entraînaient une surreprésentation féminine, atteignant 99 % des jeunes tortues. Pour tenter de contrebalancer cette féminisation, des essais sont en cours, notamment le déplacement de pontes vers des zones ombragées sur l'île Sir Charles Hardy, afin de tester si des températures d'incubation plus basses peuvent favoriser le développement d'une proportion plus équilibrée de mâles.

Les Propriétaires Traditionnels jouent un rôle central dans la gestion du site, intégrant leurs connaissances accumulées sur 60 000 ans avec la science moderne. Cette implication inclut la supervision des travaux logistiques et le déploiement de balises de suivi par satellite sur les femelles après la ponte pour cartographier leurs schémas de migration post-nidification.

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Sources

  • Mirage News

  • Department of the Environment, Tourism, Science and Innovation (DETSI), Queensland

  • Murray Watt

  • Ministers | Queensland Parliament

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