Le Décalage entre Longévité et Qualité de Vie en Pleine Croissance

Édité par : Olga Samsonova

La démographie mondiale connaît une transformation majeure, avec une majorité d'individus dépassant désormais l'espérance de 60 ans. Cependant, cette augmentation de la durée de vie ne se traduit pas de manière uniforme par une amélioration de l'espérance de vie en bonne santé (EVBS). Ce phénomène met en lumière un fossé croissant entre la longévité totale et les années vécues sans incapacité majeure, un écart particulièrement sensible aux disparités socioéconomiques.

Les études révèlent l'ampleur de ces inégalités sociales de santé. Pour les femmes, l'écart d'EVBS entre les catégories socioprofessionnelles les plus qualifiées et les moins qualifiées peut atteindre jusqu'à 14,4 années, un différentiel supérieur à celui observé sur la seule espérance de vie. En France, cet écart se chiffre à sept années entre cadres et ouvriers, illustrant comment le parcours socioéconomique façonne la vulnérabilité aux pathologies invalidantes.

Face à ce constat, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a désigné la période 2021-2030 comme la Décennie du Vieillissement en Bonne Santé. Cette initiative quinquennale vise à mobiliser une action concertée pour rehausser la qualité d'existence des personnes âgées, de leurs familles et de leurs communautés, s'inscrivant dans le cadre du Programme de développement durable à l'horizon 2030 des Nations Unies.

Le vieillissement biologique, caractérisé par l'accumulation de dommages cellulaires, exige une réponse politique adaptée. Les disparités géographiques accentuent cette problématique: d'ici 2050, les deux tiers des personnes de plus de 60 ans résideront dans des nations à revenu faible ou intermédiaire, des régions souvent moins dotées en infrastructures de santé et de protection sociale. L'urbanisation croissante, avec une projection de 66 % de la population mondiale vivant en ville d'ici 2050, impose également une adaptation urgente des environnements urbains aux besoins spécifiques des seniors.

La qualité des années gagnées dépend intrinsèquement de facteurs environnementaux et comportementaux, tels que l'accès à un logement adapté, des transports fonctionnels et l'adoption d'habitudes saines. Des cadres internationaux, notamment la stratégie mondiale de l'OMS sur le vieillissement et la santé, cherchent à transformer ces années supplémentaires en une période épanouissante en adaptant les systèmes de santé et en favorisant des environnements inclusifs pour toutes les générations.

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Sources

  • Público.es

  • CENIE

  • OMS

  • Diario Público

  • OMS

  • Infobae

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