Venezuela: L'Assemblée ratifie une réforme pétrolière majeure ouvrant le secteur au privé

Édité par : gaya ❤️ one

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L'Assemblée nationale du Venezuela a formellement approuvé, le jeudi 29 janvier 2026, une refonte substantielle de la loi sur les hydrocarbures, un acte législatif qui marque une rupture avec la doctrine socialiste établie. Cette législation, rapidement promulguée par la Présidente par intérim Delcy Rodríguez, vise à réduire le contrôle étatique sur l'industrie pétrolière, favorisant une participation privée accrue et la privatisation de segments du secteur. Ce pivot économique intervient dans un contexte politique singulier, moins d'un mois après l'opération militaire américaine du 3 janvier 2026 ayant conduit à la capture du Président Nicolás Maduro à Caracas.

La réforme autorise désormais les sociétés privées à détenir un contrôle plus important sur l'extraction et la commercialisation du pétrole, une évolution significative par rapport au cadre prévalant depuis près de deux décennies sous l'ère de l'ancien Président Hugo Chávez. Le texte modifie la structure fiscale, prévoyant une réduction potentielle du plafond des redevances, et surtout, il supprime l'obligation de trancher exclusivement les litiges par les tribunaux vénézuéliens, ouvrant la voie à l'arbitrage indépendant. Delcy Rodríguez, investie présidente par intérim le 5 janvier, a justifié cette mesure comme essentielle pour l'avenir économique de la nation, visant à transformer le pays, qui détient environ 17 % des réserves mondiales de pétrole (soit près de 303 milliards de barils), de détenteur de réserves en un géant de la production.

L'ambition de production est chiffrée: le PDG de PDVSA, Hector Obregón, a déclaré que l'objectif fixé pour 2026 était d'atteindre une croissance de la production d'au moins 18 % par rapport à l'année précédente. Cette cible s'inscrit dans un effort de redressement après que la production a chuté à un plus bas historique de 350 000 barils par jour (bj) en 2020, contre un pic de plus de 3 millions de bj au début des années 2000. Pour soutenir cet objectif, les autorités ont fixé un objectif d'investissement de 1,4 milliard de dollars pour 2026, soit une augmentation de 55 % par rapport aux près de 900 millions de dollars investis l'année précédente.

Parallèlement à cette réforme législative, le Département du Trésor américain a commencé à assouplir les sanctions, émettant une licence générale le 29 janvier 2026 pour autoriser les transactions liées au pétrole vénézuélien pour les entités américaines. Cette décision marque un changement par rapport à l'octroi d'exemptions individuelles. Cependant, l'attractivité du nouveau cadre demeure nuancée. L'assouplissement des sanctions exclut spécifiquement les transactions impliquant des entités originaires de Chine, de Russie, d'Iran, de Corée du Nord ou de Cuba. De plus, l'administration du Président Donald Trump a indiqué son intention de gérer les ventes de pétrole vénézuélien « indéfiniment » pour aligner Caracas sur les objectifs de politique étrangère de Washington.

Le contexte politique immédiat est marqué par la consolidation du pouvoir de Delcy Rodríguez, reconnue comme commandante en chef par les forces armées vénézuéliennes le 28 janvier. Les États-Unis ont également commencé à débloquer des fonds gelés, estimés par Nicolás Maduro à environ 30 milliards de dollars en 2022, qui pourront être investis dans des équipements, y compris auprès de fournisseurs américains. Des entreprises comme Chevron, seule compagnie américaine opérant sous dérogation avant ces changements, sont déjà impliquées dans les discussions. Néanmoins, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) maintient une position sceptique quant à un retour rapide aux niveaux de production historiques, citant des contraintes techniques et politiques persistantes.

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Sources

  • Deutsche Welle

  • News4JAX

  • The Associated Press

  • Daily Sabah

  • FastBull

  • Stabroek News

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