Polygynie chez les Bélugas de la Baie de Bristol: Clé de la Diversité Génétique

Édité par : Olga Samsonova

Une récente investigation scientifique révèle une stratégie de reproduction notablement adaptable au sein de la population isolée de bélugas blancs de la baie de Bristol, en Alaska. Une étude génétique approfondie, menée sur une période de treize années, a mis en évidence que ces cétacés arctiques pratiquent la polygynandrie, un système où mâles et femelles s'engagent dans des accouplements avec de multiples partenaires sur plusieurs années. Cette découverte est essentielle pour comprendre comment les quelque 2 000 individus de cette population parviennent à maintenir une diversité génétique suffisante malgré leur isolement géographique.

Les chercheurs, impliquant des institutions telles que l'Institut Océanographique Harbor Branch de l'Université Florida Atlantic, le Département de la Chasse et de la Pêche de l'Alaska, et le Département de la Gestion de la Faune du North Slope Borough, ont analysé un échantillon substantiel de 623 bélugas. L'analyse génétique a confirmé un régime reproductif où le succès de la paternité est modérément réparti entre les individus. Cette approche de « changement de partenaire » constitue une parade efficace contre les risques d'endogamie, un danger inhérent aux groupes de petite taille et isolés. Les données recueillies sur treize ans ont permis de reconstituer avec précision les schémas d'accouplement et de paternité, offrant un aperçu inédit de la vie sociale de cette espèce.

L'implication des femelles dans ce système est significative, car le fait de changer de partenaire leur permet d'atténuer les risques reproductifs, notamment en évitant de s'associer exclusivement à des mâles de qualité génétique inférieure ou potentiellement apparentés. La polygynandrie, définie par des reproductions impliquant plusieurs partenaires de sexe opposé, favorise une plus grande diversité génétique. Cet avantage est crucial pour les populations restreintes comme celle de la baie de Bristol, dont les estimations de population étaient d'environ 2 887 individus en 2004 et 3 166 en 2016 dans cette zone spécifique. Contrairement aux systèmes où la compétition mâle est prédominante, ce modèle assure une distribution plus équitable du succès reproductif, un facteur essentiel pour la survie à long terme d'un stock génétiquement distinct.

L'isolement de cette population est particulièrement pertinent, car les données de télémétrie indiquent que ces animaux restent séparés des autres stocks de bélugas de l'Alaska, notamment ceux de la mer de Beaufort ou du détroit de l'Inlet. La publication de ces résultats dans la revue Frontiers in Marine Science souligne l'importance de saisir les dynamiques sociales complexes pour la gestion des espèces marines vulnérables. Cette flexibilité comportementale en matière d'accouplement renforce la résilience de ces populations face au déclin génétique potentiel. La connaissance du génome du béluga, bien qu'utile pour la détection d'agents pathogènes, est ici complétée par la preuve que la flexibilité du système d'accouplement agit comme un filet de sécurité évolutif pour les bélugas de Bristol Bay.

6 Vues

Sources

  • offnews.bg

  • Oceanographic Magazine

  • EurekAlert!

  • ResearchGate

  • Popular Science

  • Discover Magazine

Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.