Wikie l'orque imite des sons humains, une étude de 2018 suscite un intérêt renouvelé
Édité par : Olga Samsonova
Une étude de 2018 portant sur Wikie, une orque capable de reproduire des phonèmes humains tels que « hello », a récemment connu un regain de visibilité sur les plateformes numériques en 2026. Cette démonstration scientifique a mis en évidence la souplesse cognitive et la capacité d'apprentissage vocal remarquables au sein de l'espèce des épaulards (*Orcinus orca*). L'objectif principal des chercheurs était de déterminer l'étendue de la capacité des orques à copier des émissions sonores situées en dehors de leur répertoire acoustique naturel.
L'investigation multidisciplinaire a impliqué une collaboration internationale, notamment des spécialistes de l'Université de St Andrews en Écosse et de l'Université Complutense de Madrid en Espagne. L'expérimentation s'est déroulée au Marineland d'Antibes, en France, entre 2014 et 2015, dans le but de tester l'imitation de sons nouveaux, non liés à l'environnement habituel de l'animal. Wikie, une femelle orque alors âgée de 14 ans, a été entraînée à exécuter une commande d'« imitation ». Elle a réussi à vocaliser des mots anglais comme « hello » et « bye bye », à énoncer « one, two, three », ainsi que le prénom de sa soigneuse, « Amy ».
Les sons ont été produits non par la bouche, mais via le conduit nasal, le méat respiratoire étant exposé à l'air pendant que l'animal était partiellement immergé. Bien que les résultats n'aient pas établi de compréhension sémantique des termes prononcés, ils ont constitué la première preuve expérimentale qu'une orque pouvait imiter une séquence de mots humains. L'analyse acoustique des vocalisations de Wikie, réalisée par des logiciels de reconnaissance vocale, a révélé des correspondances de haute qualité avec les sons originaux pour certains mots.
Le professeur Josep Call de l'Université de St Andrews a indiqué que cette capacité d'apprentissage vocal, malgré la différence marquée entre l'anatomie vocale des cétacés et celle des humains, suggère que l'imitation vocale pourrait être le mécanisme fondamental expliquant les dialectes spécifiques observés au sein des différents clans d'orques sauvages. Cette aptitude positionne les orques parmi les rares mammifères, en dehors de l'être humain, capables d'apprendre un son nouveau par simple audition, une capacité également documentée chez le béluga et le dauphin.
Ce phénomène de plasticité vocale chez les orques est renforcé par des études antérieures montrant que des orques en captivité cohabitant avec des grands dauphins (*Tursiops truncatus*) modifiaient leur répertoire vocal pour intégrer des clics et des sifflements propres aux dauphins, réduisant leurs appels pulsés. Ces découvertes étayent l'hypothèse que l'intelligence des orques repose en grande partie sur l'apprentissage social, permettant une transmission culturelle complexe entre les générations. L'expérience de Wikie, qui a appris à imiter des sons hétérospécifiques, est parfois comparée à celle de Koshik l'éléphant imitant le coréen. Cependant, des voix dissidentes, telles que celle de la biologiste marine Dr Ingrid Visser, ont qualifié l'expérience de « tragique », arguant qu'elle n'apportait pas de bénéfice direct à la conservation de l'espèce et imposait des concepts humains à un animal captif.
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Sources
Noticias de Venezuela y el Mundo - Caraota Digital
Current time information in Fife, GB
The Washington Post
Live Science
LA NACION
PubMed
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