Vague de contestations nationales en Iran suite à l'effondrement économique de fin 2025

Édité par : gaya ❤️ one

Une vague de troubles sociaux et politiques a submergé la République islamique d'Iran à compter du 28 décembre 2025, catalysée par une dégradation économique marquée. Le déclencheur immédiat fut l'effondrement de la valeur du Rial iranien (IRR), qui a atteint un taux informel proche de 1,4 million d'IRR pour un dollar américain à la fin décembre 2025, signifiant une dépréciation de plus des deux tiers depuis 2022. Cette crise monétaire s'est accompagnée d'une inflation annuelle dépassant les 40 %, les chiffres officiels s'établissant à 42,5 % en décembre 2025, tandis que l'inflation alimentaire atteignait 57,90 % dès septembre 2025.

Ces griefs économiques, accentués par le rétablissement des sanctions internationales de l'ONU en septembre 2025 – consécutif à l'implication de l'Iran dans le conflit avec Israël en juin 2025 – ont rapidement engendré une dissidence politique généralisée. Le mouvement de protestation a débuté par des grèves et la fermeture des commerces au Grand Bazar de Téhéran, un centre traditionnellement conservateur de l'activité marchande. La contestation s'est rapidement étendue, intégrant des étudiants d'universités variées, y compris des établissements de la capitale, et le public dans des villes telles que Chiraz et Ispahan.

Les slogans ont évolué au-delà des préoccupations de subsistance pour cibler directement l'establishment, avec des appels explicites à la chute du Guide suprême Ali Khamenei, traduisant une érosion significative de la légitimité du régime. Le gouvernement, dirigé par le Président Masoud Pezeshkian depuis sa prise de fonction en juillet 2024, a tenté une approche duale, oscillant entre promesse de dialogue et menaces de répression. La réponse sécuritaire a impliqué l'usage de canons à eau et de gaz lacrymogène à Téhéran, avec des informations faisant état de tirs à balles réelles dans la province du Fars.

Le bilan humain a inclus le décès d'au moins un membre de la milice Basij, Amirhossam Khodayari Fard, âgé de 21 ans, lors de la « défense de l'ordre public » à Kuhdasht, ainsi que le décès rapporté de deux manifestants dans le sud-ouest. Le Procureur général a averti que les manifestations transformées en « émeutes » subiraient une « réponse décisive ». Simultanément, le gouvernement a cherché à atténuer l'impact économique en décrétant des jours fériés soudains dans 21 provinces, officiellement pour cause de froid, une mesure coïncidant avec la période de troubles.

Le contexte géopolitique, marqué par la guerre de douze jours avec Israël en juin 2025, a lourdement affecté l'économie, notamment en menaçant les revenus pétroliers essentiels. En réponse à la crise monétaire, le gouvernement a procédé à un changement administratif majeur: le remplacement du chef de la Banque centrale par Abdolnasser Hemmati, qui avait déjà occupé ce poste entre 2018 et mai 2021, dans une tentative de stabilisation monétaire. Cette nomination fait suite à la démission de Mohammadreza Farzin.

Parallèlement à ces événements, le climat de répression s'est intensifié. Des organismes de défense des droits humains, tels que Iran Human Rights (IHR) et HRANA, ont documenté un nombre d'exécutions sans précédent en 2025, HRANA rapportant 1 922 exécutions vérifiées pour l'année, soit une augmentation de 106 % par rapport à 2024. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, avait exprimé son inquiétude face à ce que l'ONU qualifiait de « campagne de mise à mort de masse ». La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a reconnu que les troubles provenaient d'une « pression naturelle liée à la pression exercée sur les moyens de subsistance de la population ».

Des figures de l'opposition, telles que Reza Pahlavi, ont appelé tous les secteurs de la société à rejoindre le mouvement pour obtenir le renversement du régime. À l'inverse, l'activiste Mostafa Tajzadeh, détenu à la prison d'Evin, a mis en garde contre le risque de « chaos et d'anarchie » si aucune solution claire n'était trouvée aux problèmes économiques. L'analyste Kasra Qaredaghi, doctorant à l'Université de Floride Centrale, a souligné la rapidité avec laquelle les griefs économiques se muent en insatisfaction politique lorsque la sécurité de l'emploi et le coût de la vie ne sont plus assurés.

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Sources

  • Deutsche Welle

  • Clarin

  • Deutsche Welle

  • Deutsche Welle

  • Liputan6.com

  • KBA News

  • Berita Senator

  • YouTube

  • El Diario Venezuela

  • TV Azteca

  • En Segundos Panama

  • La Tercera

  • NCRI

  • Iran Insight

  • Wikipedia

  • The Times of Israel

  • Al Jazeera

  • 2025–2026 Iranian protests - Wikipedia

  • Volunteer in Iran's Revolutionary Guard reportedly killed during widening protests

  • Iran appoints new central bank governor amid protests over plunging rial | DD News On Air

  • Day four of Iran protests sees rallies spread and regime change calls grow

  • Fatemeh Mohajerani - Wikipedia

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