Le Japon innove dans le solaire avec des cellules sphériques Sphelar et subventionne les pérovskites
Édité par : Svetlana Velgush
Le secteur photovoltaïque japonais connaît une évolution notable, remettant en question la conception traditionnelle du panneau solaire plat grâce à des percées technologiques ciblées. Kyosemi Corporation est à l'avant-garde de cette transformation avec ses microcellules photovoltaïques sphériques, nommées Sphelar®. Ces dispositifs, d'un diamètre de un à deux millimètres, sont conçus pour optimiser la capture de la lumière solaire sous ses formes directe, réfléchie et diffuse, réduisant ainsi le besoin de systèmes de suivi coûteux. Des rapports au début de l'année 2026 ont attesté l'efficacité opérationnelle de ces cellules, affichant un rendement de conversion énergétique approchant les 20 %, performance qui dépasse celle de nombreuses technologies solaires conventionnelles.
Le processus de fabrication des Sphelar est intégré à une démarche de production durable, s'appuyant sur des expériences menées en microgravité au Japan Microgravity Center (JAMIC). Dans cette installation, située dans une ancienne mine reconvertie à Kamisunagawa, du silicium en fusion est soumis à des conditions de quasi-apesanteur lors d'une chute libre dans un puits de 490 mètres. Cette méthode permet de former des sphères de silicium avec une réduction significative des déchets de matériau par rapport à la découpe classique des lingots en plaquettes. La maîtrise de la création de la jonction P-N sur une surface courbe, un défi technique majeur, a été résolue grâce à l'expertise de Kyosemi dans les semi-conducteurs optoélectroniques.
Parallèlement à cette innovation structurelle, le gouvernement japonais accélère le déploiement des technologies de nouvelle génération par un soutien financier stratégique. Dès février 2026, le Ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (METI) a annoncé des plans pour subventionner des essais en conditions réelles à l'étranger pour les cellules solaires pérovskites flexibles. Cette initiative, prévue pour débuter durant l'exercice fiscal 2026, vise à valider la durabilité et la viabilité économique des pérovskites dans divers environnements internationaux, favorisant ainsi une pénétration rapide du marché. L'objectif national est d'atteindre une capacité de déploiement de 20 gigawatts (GW) issus des pérovskites d'ici 2040, positionnant le Japon comme un acteur majeur de cette filière.
Plusieurs entreprises japonaises participent activement à cette transition énergétique. Panasonic Holdings Corporation prévoit la commercialisation de ses panneaux à pérovskite intégrés au verre (BIPV) dès 2026, après avoir validé des prototypes avec des rendements proches des cellules au silicium conventionnelles. Ces « verres générateurs d'énergie » sont considérés comme particulièrement adaptés aux environnements urbains où l'espace au sol est contraint. De son côté, EneCoat Technologies envisage l'établissement d'une usine de production en série en 2026, explorant des applications dans le secteur automobile en collaboration avec Toyota Motor Corp. Ces efforts coordonnés, soutenus par des fonds tels que le Green Innovation Fund, illustrent une stratégie nationale visant à sécuriser une position technologique dominante face à la concurrence mondiale.
L'approche japonaise actuelle, incarnée par les cellules Sphelar et le soutien aux pérovskites, représente une rupture avec la géométrie photovoltaïque établie depuis la conception initiale des panneaux plats en sélénium par Charles Fritts en 1883. Les conclusions des tests de début 2026 sur les cellules sphériques confirment leur fonctionnalité, tandis que les annonces du METI en février 2026 signalent une volonté politique d'accélérer la mise à l'échelle commerciale des pérovskites par le biais d'essais internationaux.
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Sources
Clarin
El Adelantado EN
JAPAN Forward
PVKnowhow
Perovskite-Info
YouTube
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