Trois Scrutins Contestés en Décembre 2025 Ébranlent la Légitimité Démocratique au Myanmar, en RCA et en Côte d'Ivoire

Édité par : gaya ❤️ one

Le dimanche 28 décembre 2025 a marqué une convergence d'événements électoraux majeurs dans trois nations distinctes, chacune confrontée à des défis fondamentaux remettant en question la sincérité de ses processus démocratiques. Au Myanmar, la junte militaire a lancé la première phase d'un scrutin général échelonné, se déroulant dans un contexte de guerre civile persistante et de condamnations internationales. Le Conseil d'Administration de l'État (SAC) présente cette élection comme une étape vers la démocratie, bien que le contrôle militaire ne couvre qu'environ 21 pour cent du territoire, tandis que les forces rebelles en contrôlent 42 pour cent, laissant une vaste zone contestée. La séquence électorale birmane s'étalera sur un mois, avec des phases subséquentes prévues les 11 et 25 janvier 2026 pour les assemblées de l'Union.

Le chef de la junte, le Général en Chef Min Aung Hlaing, a garanti un scrutin « libre et équitable » après avoir voté lui-même. Cependant, la Ligue Nationale pour la Démocratie (NLD), parti d'Aung San Suu Kyi, est dissoute depuis 2023. Cinquante-sept partis présentent 4 800 candidats, mais seuls six, dont le Parti de l'Union pour la Solidarité et le Développement (USDP) pro-militaire, sont autorisés à concourir à l'échelle nationale. La répression est significative, avec plus de 200 inculpations pour perturbation des élections. Le Programme Alimentaire Mondial estime que plus de 16 millions de personnes auront besoin d'une aide vitale en 2026, et le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a qualifié le scrutin de simulacre se déroulant sous la violence et la coercition.

Simultanément, en République Centrafricaine (RCA), près de 2,39 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour un quadruple scrutin historique incluant les élections présidentielle, législatives, régionales et municipales, marquant une première pour les élections locales depuis 1988. Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, sollicite un troisième mandat, rendu possible par le référendum constitutionnel de juillet 2023 qui a aboli la limitation des mandats, une manœuvre que l'opposition qualifie de « coup d'État constitutionnel ». Malgré une situation sécuritaire fragile et la présence de groupes armés, le gouvernement Touadéra, soutenu par la Russie et le Rwanda, présente le scrutin comme un signe de stabilisation, avec des enquêtes de fin 2025 indiquant un soutien notable dans certaines régions clés. Néanmoins, des candidats de l'opposition, dont Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, ont dénoncé des entraves à leurs campagnes, alors que 71 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les résultats provisoires sont attendus pour le 5 janvier 2026.

En Côte d'Ivoire, le scrutin législatif visait à renouveler les 255 sièges de l'Assemblée nationale, deux mois après la réélection du président Alassane Ouattara, 83 ans, avec 89,77 % des voix lors de la présidentielle d'octobre 2025, scrutin marqué par un taux de participation de seulement 50,10 %. Les législatives, avancées de mars 2026, ont été largement boycottées par des formations majeures comme le Parti des Peuples Africains de Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo. Le taux de participation provisoire au 28 décembre 2025 n'a atteint que 32,34 %, un chiffre inférieur au 37,88 % enregistré lors des législatives de 2021. Le parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), fait face à des accusations de collecte illégale de données électorales et de corruption de la part du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam.

Ces trois scrutins illustrent une tendance où le processus électoral sert d'instrument de pérennisation du pouvoir plutôt que d'expression de la volonté populaire. Au Myanmar, la légitimité est revendiquée sous la menace des armes; en RCA, elle est façonnée par une révision constitutionnelle; et en Côte d'Ivoire, elle est minée par l'exclusion de l'opposition et un faible engagement civique, comme le confirment les chiffres de participation. Cette dynamique alimente les préoccupations concernant la fragilité démocratique régionale dans ces contextes.

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Sources

  • Deutsche Welle

  • Daily Mail Online

  • Daily Mail Online

  • US-ASEAN Business Council

  • The Guardian

  • United Nations News

  • Council on Foreign Relations

  • Mothership.SG

  • Associated Press

  • The Straits Times

  • Reuters

  • CGTN

  • Afriquinfos

  • Ivory Coast parliamentary elections draw low turnout | International | Bangladesh Sangbad Sangstha (BSS)

  • Ivory Coast president seeks parliament majority in election - Arab News

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