L'Inde reprend les importations de brut iranien; Téhéran exempte l'Irak des restrictions d'Ormuz
Édité par : Tatyana Hurynovich
Le Ministère indien du Pétrole et du Gaz Naturel a confirmé, le 4 avril 2026, que les raffineurs nationaux ont assuré des approvisionnements énergétiques, y compris des cargaisons provenant de la République islamique d'Iran. Cette acquisition marque la première importation de pétrole brut iranien par l'Inde depuis mai 2019, signalant un ajustement dans le commerce énergétique de la troisième plus grande nation importatrice de brut au monde. Cette réactivation fait suite à une dérogation ponctuelle émise par les États-Unis concernant le pétrole iranien déjà en transit maritime, une mesure visant à tempérer les tensions sur les marchés mondiaux exacerbées par les perturbations récentes dans le Golfe Persique. Le Ministère a démenti toute difficulté de paiement pour ces transactions et a confirmé l'accostage d'un navire transportant 44 000 tonnes métriques de gaz de pétrole liquéfié (GPL) iranien au port de Mangalore mercredi dernier.
Le contexte de cette reprise commerciale est directement lié à l'escalade militaire et diplomatique dans le détroit d'Ormuz, qui a débuté le 28 février 2026 après des frappes conjointes américano-israéliennes contre l'Iran. Ce blocage quasi total du détroit, par lequel transite environ 20 % de l'approvisionnement quotidien mondial en pétrole, a entraîné une flambée des prix, le baril de Brent voyant sa prévision annuelle pour 2026 révisée à la hausse de près de 30 % par rapport à février. L'Inde, structurellement vulnérable en matière de sécurité énergétique, dépendait en 2025 d'environ la moitié de ses importations de brut et de 54 % de son GPL via ce détroit.
Parallèlement, les autorités militaires iraniennes ont annoncé, le 4 avril 2026, une mesure géopolitique sélective concernant le passage dans le détroit d'Ormuz. Le porte-parole du quartier général central Khâtam al-Anbiyâ a déclaré que l'Irak bénéficiait d'une exemption totale de toutes les restrictions de navigation imposées dans cette voie maritime stratégique, excluant explicitement Bagdad des « pays hostiles » visés par les mesures restrictives iraniennes. Cette exemption est cruciale pour l'économie irakienne, fortement tributaire des exportations pétrolières, qui étaient contraintes d'utiliser des itinéraires logistiques coûteux comme le transport par camions via la Syrie depuis la fermeture du détroit en mars 2026.
Cette initiative iranienne envers l'Irak survient dans un climat de pression internationale accrue. Le président américain Donald Trump aurait lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran exigeant la réouverture complète du détroit, sous peine de conséquences sévères. Cette posture américaine contraste avec les appels internationaux, notamment celui de plus de 40 pays menés par la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, qui ont exigé la réouverture « immédiate et inconditionnelle » du détroit sous peine d'explorer des sanctions coordonnées. L'administration Trump avait déjà émis une dérogation initiale de 30 jours pour le pétrole en mer au 20 mars, visant à libérer environ 170 millions de barils de brut iranien. L'exemption accordée à l'Irak, tout en maintenant la pression sur les autres acteurs, illustre la complexité des manœuvres diplomatiques et commerciales en cours dans le Golfe.
3 Vues
Sources
H Kαθημερινή
Politika
Valor Econômico
The National
Deccan Herald
Bloomberg
The Hindu
The Indian Express
The Hindu
Reuters
The National
India Today
The Economic Times
Notícias ao Minuto
Brasil 247
Opera Mundi
Agência Brasil
UOL Notícias
Lire plus d'articles sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.



