Découverte de l'enregistrement le plus ancien d'un chant de baleine à bosse datant de 1949
Édité par : Olga Samsonova
Des chercheurs et archivistes du Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) ont mis au jour la plus ancienne trace sonore connue d'un chant de baleine à bosse, capturée le 7 mars 1949 au large des Bermudes. Cet enregistrement historique, initialement non identifié dans les archives, a été retrouvé sur un disque Gray Audograph, un support d'enregistrement plastique typique des années 1940. La conservation de ce disque fragile est significative, car de nombreux supports sonores de cette période ont été perdus avec le temps.
L'acquisition de cette donnée sonore s'est déroulée durant des expériences acoustiques menées par des chercheurs à bord du navire de recherche R/V Atlantis, en partenariat avec l'Office of Naval Research (ONR) des États-Unis. À cette époque, les technologies d'enregistrement sous-marin étaient rudimentaires, et les scientifiques ne possédaient pas encore les connaissances pour identifier formellement tous les sons marins, y compris les vocalisations des cétacés. L'instrument utilisé était un système expérimental précoce du WHOI, surnommé « The suitcase » (la valise), qui intégrait l'Audograph dans un dispositif d'enregistrement sous-marin.
Cette découverte précède de près de deux décennies la popularisation majeure du chant de baleine par Roger Payne dans les années 1970, offrant ainsi un point de référence acoustique essentiel. Des experts, tels que le bioacousticien marin Peter Tyack, chercheur émérite au WHOI, soulignent le contraste entre le paysage sonore océanique relativement silencieux de 1949 et l'environnement actuel, beaucoup plus saturé de bruits anthropiques. La bioacoustique marine, dont les bases furent établies par Barbara Lawrence et William Schevill à la fin des années 1930, trouve dans cette archive un prolongement inattendu.
L'analyse de ce chant de 1949 est désormais cruciale pour établir une ligne de base permettant de quantifier l'évolution du paysage sonore sous-marin. Actuellement, la pollution sonore générée par les activités humaines, incluant la navigation commerciale, les sonars et l'exploration sismique, menace la communication des animaux marins; par exemple, la portée de communication des baleines bleues a été réduite de 90 % en raison de l'augmentation du bruit de fond. La bioacousticienne marine Laela Sayigh travaille à interpréter ce son historique, sous la supervision d'Ashley Jester, directrice des services de données et des archives, qui a géré la numérisation de ces disques précieux.
Cette numérisation, soutenue par la National Recording Preservation Foundation, assure la pérennité de cette base de données acoustique du WHOI. Ce document sonore exceptionnel permet aux chercheurs d'étudier les variations dans les vocalisations des baleines à bosse au fil du temps, fournissant un outil pour évaluer l'impact des perturbations sonores modernes sur leur capacité à se nourrir, se reproduire et naviguer. La redécouverte de cet enregistrement, conservé dans les archives du Massachusetts, réaffirme l'importance de la préservation des données scientifiques, ouvrant la voie à de nouvelles avancées dans la compréhension de la vie marine.
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Sources
Los Angeles Times
unn.ua
Hasan Jasim
The Guardian
Discover Wildlife
GBH
AP News
NOAA Fisheries
IFLScience
The Guardian
Woods Hole Oceanographic Institution
POLITICO Pro
ScienceAlert
UC Santa Cruz
Evrim Ağacı
NOAA Fisheries
Macau Daily Times
Popular Science
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