Le Sénat argentin approuve la loi de modernisation du travail de Javier Milei
Édité par : Tatyana Hurynovich
Le Sénat argentin a entériné, le vendredi 27 février 2026, la loi de modernisation du travail promue par le président Javier Milei, constituant une avancée législative significative pour l'administration libertarienne. Cette approbation finale, survenue après des ajustements introduits par la chambre basse, prépare le terrain pour une refonte des cadres régissant les relations professionnelles, les modalités d'embauche et le droit de grève. Le gouvernement a indiqué son intention de promulguer cette législation dès le 1er mars 2026, concrétisant ainsi un élément central de son programme de réformes structurelles.
Le vote au Sénat a révélé une division politique marquée, se soldant par 42 suffrages favorables, 28 opposés et deux abstentions. La réforme introduit des modifications substantielles, notamment l'assouplissement des règles d'embauche et une révision du régime des congés. Un changement notable est l'instauration d'un système de « banque d'heures » volontaire, permettant d'étendre la journée de travail standard de huit à douze heures sans entraîner un paiement automatique des heures supplémentaires. Par ailleurs, la notion de services essentiels est élargie, restreignant de fait le droit de grève en imposant des opérations minimales même en cas d'arrêt de travail.
Le texte soumis au Sénat avait subi une modification clé par rapport à la version adoptée par la Chambre des députés aux alentours du 19 ou 20 février 2026: la suppression d'une clause prévoyant la réduction de moitié des salaires des employés en arrêt maladie ou en cas de blessure. Les soutiens de l'administration Milei, dont la sénatrice Patricia Bullrich du parti La Libertad Avanza, soutiennent que ces mesures sont nécessaires pour stimuler l'investissement et la création d'emplois formels, en s'appuyant sur des incitations fiscales pour la formalisation des travailleurs. Patricia Bullrich a insisté sur la nécessité de « prévisibilité » et de « règles claires » pour l'établissement d'entreprises.
Ces développements s'inscrivent dans un contexte où l'administration Milei met en avant des améliorations macroéconomiques, notamment un ralentissement de l'inflation qui a atteint 2,9 % en janvier 2026, un niveau salué par le Fonds Monétaire International (FMI) pour les efforts d'austérité budgétaire. Ces politiques d'austérité, incluant une réduction d'un tiers des dépenses publiques, ont permis à l'Argentine de réaliser son premier excédent budgétaire annuel en quatorze ans en 2024, malgré une récession enregistrée cette même année et la perte de plus de 200 000 emplois sur deux ans. L'inflation annuelle de 32,4 % fin janvier 2026 représente le taux le plus bas depuis huit ans, contrastant avec le taux annuel proche de 150 % à l'arrivée au pouvoir de Milei fin 2023.
En opposition, la Confédération Générale du Travail (CGT), principale centrale syndicale, dénonce une « précarisation » et un recul des protections sociales établies depuis les années 1940. Les syndicats estiment que la loi facilite les licenciements et affaiblit les droits collectifs. La CGT a annoncé son intention de contester la législation devant la justice dès le lundi suivant le vote, invoquant son inconstitutionnalité, et a appelé à une nouvelle mobilisation. Le contexte social demeure tendu, marqué par des affrontements lors des semaines précédant le vote, notamment lors d'une grève nationale le 19 février 2026.
Le secteur informel en Argentine représente encore plus de 43 % de la main-d'œuvre totale, un chiffre que le gouvernement cherche à réduire avec les nouvelles mesures. Cependant, des données récentes indiquent une faible perspective d'embauche à court terme. Un rapport de l'Indec sur l'humeur des entreprises suggérerait que 80 % des entreprises industrielles n'envisagent aucune embauche dans les trois prochains mois, et 15 % prévoient même une réduction de leurs effectifs. Le directeur de l'Indec, Marco Lavagna, a récemment démissionné dans le contexte de la mise à jour du mode de calcul de cet indice sensible.
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Sources
Al Jazeera Online
Today News - Mint
AP News
Investing.com
Reuters
The Guardian
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