Persistance Atomique Face à la Finitude Biologique: Analyse de la Mortalité et de l'Organisation

Édité par : Vera Mo

La matière constituant l'être humain, y compris les atomes d'hydrogène présents dans le sang, trouve son origine dans le Big Bang, il y a environ 13,8 milliards d'années, et est destinée à perdurer bien au-delà de l'existence de l'humanité. Ce principe découle de la loi de conservation de la matière, historiquement formulée par Antoine Lavoisier: « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Les atomes composant notre corps, tels que l'oxygène, le carbone et le calcium, proviennent majoritairement du cœur des étoiles qui les ont fusionnés avant de les disperser lors de leur mort stellaire. Ainsi, les briques élémentaires de l'existence sont quasi éternelles, ce qui contraste avec la brièveté de la vie elle-même.

La question centrale demeure la raison pour laquelle cette matière indestructible ne confère pas l'immortalité à l'organisation biologique qu'elle compose. La science identifie la vie non comme une substance matérielle immuable, mais comme un arrangement extrêmement improbable de ces atomes. L'existence d'un organisme vivant repose sur une architecture fragile maintenant des systèmes de réparation, un métabolisme actif et des molécules auto-réplicatives. Cette structure hautement ordonnée s'oppose à la tendance universelle à l'augmentation du désordre, connue sous le nom d'entropie, concept introduit par Rudolf Clausius en 1865.

L'astrobiologiste Betül Kaçar, professeure à l'Université du Wisconsin-Madison, définit cette distinction en affirmant que « la vie est une chimie qui a une mémoire ». Cette mémoire se manifeste par la capacité des réactions chimiques à générer des motifs auto-catalytiques qui se perpétuent. Dès que le flux énergétique nécessaire au maintien de cet ordre cesse, la configuration spécifique se dégrade inéluctablement. La mort représente donc l'effondrement de cette organisation complexe et dynamique, et non la destruction des atomes.

Après l'arrêt des fonctions vitales, telles que la circulation sanguine et la respiration, le corps entame un processus de décomposition progressif. Les décomposeurs, incluant champignons et micro-organismes, recyclent la matière organique, la transformant en humus ou en minéraux. Dans un environnement clos comme un cercueil, la décomposition extrême menant à un squelette purement minéral peut nécessiter plus de dix ans, avec une perte des éléments de connexion comme les ligaments en un maximum de cinq ans. Ce recyclage assure que les atomes fondamentaux de la matière organique, le CHNOP, réintègrent le cycle naturel pour former de nouvelles structures.

Le paradoxe réside dans le fait que cette matière cosmique ancienne, façonnée il y a des milliards d'années dans des conditions extrêmes, a atteint un niveau d'organisation suffisant pour développer une conscience capable de s'interroger sur sa propre finitude. Les recherches actuelles, menées par des scientifiques comme Betül Kaçar, explorent les recettes chimiques fondamentales ayant permis l'émergence de cette auto-organisation, notamment via l'étude de réactions de comproportionation. Nous sommes, en substance, des phénomènes cosmiques rares: des atomes issus du Big Bang ayant acquis la capacité réflexive d'analyser leur propre mortalité face à l'immortalité de leur substrat matériel.

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Sources

  • Gizmodo en Español

  • Anexo:Isótopos de hidrógeno - Wikipedia, la enciclopedia libre

  • Hidrógeno - quimica.es

  • Entropía | Emisión 26. Materialización de los Derechos Sociales - YouTube

  • From Atoms to Consciousness: What is Life? - YouTube

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