Le Discours Intérieur: Outil Cognitif Adulte pour la Mémoire et la Régulation
Édité par : Olga Samsonova
La psychologie contemporaine réévalue l'acte de se parler à soi-même à voix haute, désigné sous le terme de discours privé, le considérant comme une manifestation naturelle du dialogue auto-dirigé plutôt qu'un signe de déséquilibre mental. Cette pratique soutient des fonctions cognitives essentielles, incluant l'organisation des pensées, l'affûtage de la prise de décision et la gestion des états affectifs, ce qui se traduit par une amélioration mesurable de la mémoire et de la concentration.
Des travaux de recherche confirment que verbaliser des instructions, par exemple lors du suivi d'une recette culinaire, ancre l'information de manière plus robuste dans la mémoire. De surcroît, des études ont démontré que nommer des objets à voix haute accélère significativement la vitesse de recherche visuelle et la localisation spatiale de ces objets. La psychologie cognitive établit que l'énonciation orale soutient la mémoire de travail et structure l'information traitée, offrant un rempart contre l'anxiété lors de l'exécution de tâches exigeantes sur le plan intellectuel.
Des recherches publiées dans le Journal of Personality and Social Psychology ont révélé que les individus s'adressant à eux-mêmes à la deuxième ou troisième personne manifestaient moins d'anxiété en situation de stress que ceux utilisant le pronom à la première personne. Par ailleurs, des études indiquent que parler à haute voix durant un exercice de mémoire de travail améliore les performances par rapport à une exécution silencieuse, ce mécanisme d'auto-guidage verbal permettant une meilleure organisation des actions et un maintien de la concentration.
Bien que cette habitude soit prédominante dans le développement de l'enfant, les adultes y recourent fréquemment pour structurer leur raisonnement et exercer une régulation émotionnelle, particulièrement lorsque la charge cognitive est élevée. Le psychologue russe Lev Vygotsky a théorisé que le discours privé de l'enfant évolue pour devenir le discours intérieur de l'adulte, soulignant son rôle crucial dans le développement cognitif et la conscience de soi. Historiquement, des travaux menés par Russell Hurlburt à l'Université du Nevada ont montré que les sujets se parlaient intérieurement environ 23 % du temps d'éveil, un chiffre pouvant atteindre 94 % chez certains individus, attestant de son caractère universel.
Le discours intérieur joue un rôle dans la régulation émotionnelle. Des travaux comme ceux d'A. Damasio dans L'erreur de Descartes (1994) ont montré l'interdépendance entre raison et émotion, le dialogue auto-dirigé servant alors de mécanisme de modulation des états internes. La recherche indique que la suppression émotionnelle est corrélée à des coûts intrapersonnels, suggérant que l'expression ou la modulation verbale interne est une stratégie adaptative.
L'efficacité de l'auto-instruction est mise en lumière par la recherche sur le développement cognitif. Des travaux menés par Meichenbaum et Goodman ont permis de développer une formation en cinq étapes pour les enfants, basée sur l'auto-verbalisation pour améliorer l'autocontrôle et la capacité à maintenir l'attention. Chez l'adulte, ce dialogue interne, qu'il prenne la forme d'auto-persuasion ou de rappel de mémoire, renforce la confiance et approfondit la connaissance de soi. Transformer les processus mentaux en mots crée des traces mémorielles plus solides grâce à un encodage multi-sensoriel, principe connu sous le nom d'effet de production, liant cette stratégie aux fonctions exécutives du cerveau.
11 Vues
Sources
PULZO
Infobae
Heraldo de Aragón
Infobae
Diario Occidente
YouTube
Lisez plus d’actualités sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.