Lien entre Validation Externe et Estime de Soi dans le Bien-être Psychologique

Édité par : Olga Samsonova

La recherche en psychologie met en évidence un paradoxe où l'établissement d'exigences concernant le bien-être d'autrui, bien que présenté comme altruiste, est souvent motivé par une quête de validation personnelle. Cette dynamique suggère que l'approbation extérieure fonctionne comme un miroir nécessaire à l'affirmation de soi, un pilier psychologique fondamental, au même titre que l'autonomie, selon les principes de la Théorie de l'Autodétermination. L'estime de soi, définie comme l'appréciation de sa propre valeur, est intrinsèquement liée à la perception des jugements d'autrui, même si une construction stable exige une validation interne.

La réaction d'un individu aux éloges ou aux critiques perçues révèle son niveau de dépendance à l'affirmation externe. Des formulations verbales spécifiques peuvent indiquer cette orientation. Par exemple, l'énoncé « Je ne vois pas d'inconvénient à ce que quelqu'un me dise quoi penser » suggère une tendance à privilégier le jugement d'autrui, ce qui peut contredire une autonomie affirmée. À l'inverse, l'expression « Je vois les choses différemment » permet d'articuler une perspective personnelle sans invalider nécessairement l'opinion de l'interlocuteur, constituant ainsi une composante saine de l'affirmation de soi. L'affirmation de soi se positionne comme un intermédiaire essentiel entre la passivité et l'agressivité dans les échanges communicationnels.

Le constat central de ces études indique que, si l'approbation sociale est valorisée, l'équilibre psychologique durable repose sur une validation ancrée en soi, particulièrement face à un risque de dévaluation ou de conflit. Des travaux montrent que l'estime de soi tend à progresser de l'adolescence jusqu'à l'âge adulte, soulignant l'importance des relations de soutien durant cette période. Cependant, une focalisation excessive sur la réception de ses choix par les autres peut éroder cette estime, un phénomène potentiellement exacerbé dans des contextes professionnels délétères comme le mobbing, ou harcèlement moral. Le concept de mobbing, formalisé par Heinz Leymann en 1996, décrit une forme d'agression psychologique systématisée susceptible d'entraîner une diminution de l'estime de soi chez la victime.

Les spécialistes insistent sur le fait que l'établissement de limites personnelles est fondamental pour la santé mentale. Néanmoins, une préoccupation constante pour la perception externe mine cette assise intérieure. Les recherches sur les risques psychosociaux (RPS) démontrent que le stress et le harcèlement au travail peuvent engendrer des conséquences persistantes, incluant l'anxiété et une faible estime de soi, même après la fin de la situation néfaste. Le psychosociologue français Eugène Enriquez, décédé en décembre 2024, a analysé les différentes instances structurant l'individu dans les organisations, illustrant la complexité des interactions sociales impactant le psychisme.

En conclusion, les données convergent vers la nécessité de privilégier le respect de soi sur la quête incessante d'approbation externe pour maintenir un équilibre psychologique à long terme. Le développement d'une estime de soi saine, qui n'est ni obsessionnelle ni marquée par un excès de modestie, constitue un facteur prédictif significatif de la santé mentale, réduisant les risques de dépression et d'anxiété. L'autonomie, définie comme la capacité à se gouverner soi-même, permet de s'appuyer sur les autres sans en devenir dépendant, contrairement à l'indépendance qui implique de maintenir les autres à distance.

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Sources

  • healthstat.gr

  • Parade

  • Mandala Institute

  • Psychology Today

  • ΕΜΒΟΛΟΣ

  • PsychologyNow.gr

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