Priorité au bien-être étudiant: refonte de l'éducation face à la crise de santé mentale

Édité par : Olga Samsonova

L'horizon 2026 impose une réorientation stratégique du système éducatif, plaçant le bien-être des apprenants au centre afin de bâtir une infrastructure cognitive solide pour un apprentissage profond et pérenne. Cette nécessité découle de l'intensification des problématiques de santé mentale, telles que l'anxiété et le stress chronique, exacerbées par des modèles axés sur la performance et une connectivité numérique omniprésente qui affectent les étudiants à tous les niveaux d'enseignement. En conséquence, les institutions sont contraintes d'étendre significativement leurs dispositifs de soutien psychologique pour répondre à cette vague de détresse.

Des organismes internationaux majeurs confirment cette transition paradigmatique. L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) soutient que le bien-être psychologique constitue une condition habilitante fondamentale pour l'acquisition des savoirs, et non un simple ajout périphérique aux programmes. Parallèlement, le Cadre de l'OCDE pour l'éducation de 2030, connu sous le nom de Boussole de l'Apprentissage de l'OCDE, propose de centrer l'éducation sur le concept de bien-être étudiant, cherchant à redéfinir les critères de succès au-delà des seules mesures de performance académique. L'interférence du stress chronique sur les fonctions cognitives essentielles, notamment la mémoire de travail et la capacité de concentration, est scientifiquement établie, ce qui entrave directement la faculté d'assimilation et de rétention des connaissances à long terme.

Des modèles pédagogiques progressistes illustrent cette approche par l'adoption de programmes de bien-être à l'échelle de l'établissement, une pratique particulièrement observée dans les nations nordiques. En Finlande, par exemple, les élèves demeurent dans le même établissement de la petite enfance jusqu'à 15 ans, minimisant l'anxiété liée aux changements d'environnement, et le système intègre des pauses actives régulières. Ces systèmes mettent l'accent sur l'équité, assurant une éducation de qualité uniforme, et enregistrent des niveaux élevés de satisfaction de vie en parallèle de solides compétences en lecture selon l'étude Pisa 2018.

Cette transformation systémique exige une gouvernance fondamentalement humaniste, où les décisions didactiques sont subordonnées aux impératifs de bien-être, reconnaissant que la santé mentale du corps enseignant est également un facteur protecteur critique pour la réussite et l'épanouissement des élèves. En France, une enquête récente menée par l'UNESCO et le Ministère de l'Éducation nationale auprès de 1 500 personnes a révélé que 63 % du personnel scolaire observait une détérioration de la santé mentale des élèves, et que trois élèves sur cinq estimaient que leur mal-être nuisait à leur concentration. La reconnaissance de ce lien est cruciale, car l'école absorbe environ 40 % du temps d'éveil des enfants, la positionnant comme un déterminant majeur de leur état de santé global.

L'OCDE, à travers sa Boussole de l'Apprentissage, insiste sur l'autonomie de l'élève et le bien-être comme fondations essentielles pour développer des compétences transformatrices nécessaires pour naviguer dans le monde de 2030 et au-delà. L'intégration de l'éducation à la santé et au bien-être vise à réduire les obstacles à l'apprentissage découlant de problèmes de santé, d'inégalités ou de violence, renforçant ainsi la capacité des jeunes à prendre des décisions éclairées et à maintenir des relations positives. Les données montrent que les élèves qui utilisent des stratégies de résolution de problèmes centrées sur la tâche sont moins susceptibles de présenter des signes de stress et de désengagement scolaire.

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Sources

  • Agenda Digitale

  • UNESCO

  • PubMed

  • OECD

  • ResearchGate

  • OECD

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