La Génération Z privilégie les métiers spécialisés face aux incertitudes de l'université et de l'IA

Édité par : Olga Samsonova

Un changement de paradigme se dessine dans les orientations de carrière de la Génération Z, remettant en question la primauté de l'enseignement universitaire traditionnel. Des parcours non conventionnels, à l'image de Jacob Palmer qui a choisi l'électricité après avoir interrompu ses études collégiales, illustrent cette réévaluation. Cette tendance s'inscrit dans un contexte de confiance érodée envers l'enseignement supérieur, un déclin amorcé depuis 2010, principalement alimenté par les coûts élevés et une perception de décalage entre les cursus académiques et les exigences actuelles du marché du travail.

L'avènement rapide de l'intelligence artificielle générative exacerbe cette méfiance, menaçant directement les postes de cols blancs en début de carrière, certains diplômés faisant face au sous-emploi un an après l'obtention de leur diplôme. En parallèle de cette incertitude dans les professions intellectuelles, les métiers manuels qualifiés connaissent un regain d'attrait significatif. Cette migration des préférences est soutenue par une visibilité accrue sur les plateformes sociales et la conviction que ces rôles offrent une meilleure résilience face à l'automatisation par l'IA.

Les statistiques appuient cette évolution des préférences. L'inscription dans les programmes de formation professionnelle et technique au sein des community colleges américains a augmenté de près de 20 % depuis 2020. De plus, le nombre d'apprentis actifs aux États-Unis a plus que doublé entre 2014 et 2024, selon les données du département du Travail américain. Bien que les diplômés universitaires de plus de 25 ans conservent en moyenne des taux de chômage inférieurs et des salaires médians supérieurs, certaines filières spécialisées offrent des rémunérations très compétitives, les électriciens de haut niveau pouvant générer des revenus annuels excédant 106 030 dollars.

Ce besoin criant en main-d'œuvre qualifiée est particulièrement manifeste dans des secteurs de pointe comme la fabrication avancée. Près de 60 % des nouveaux postes dans la fabrication de semi-conducteurs pourraient rester vacants faute de personnel qualifié. Jensen Huang, PDG de Nvidia, a souligné que l'infrastructure des centres de données d'IA nécessitera des centaines de milliers d'électriciens, de plombiers et de charpentiers pour leur construction et leur maintenance. L'évolution des compétences est désormais centrale, les métiers exposés à l'IA voyant leurs exigences évoluer 66 % plus rapidement que les autres professions en France, selon une étude de PwC.

Face à ces réalités, des solutions éducatives hybrides émergent pour combler le fossé entre la théorie et la pratique. On observe le développement d'apprentissages diplômants, comme le Programme d'Apprentissage des Techniciens de TSMC en Arizona, qui combine formation rémunérée et obtention d'un diplôme d'associé. Les community colleges, souvent considérés comme l'équivalent des IUT français, jouent un rôle pivot en offrant des diplômes d'associé plus abordables et orientés vers le marché du travail, constituant une alternative économique aux cursus universitaires de quatre ans. Ces institutions sont essentielles pour répondre à la demande croissante de travailleurs techniques, soutenues par des initiatives gouvernementales telles que les subventions de 98 millions de dollars du Département du Travail américain pour étendre les pré-apprentissages.

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Sources

  • mint

  • Talent.com

  • FieldPulse

  • Vertex AI Search

  • Mint

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