Téhéran rejette l'ultimatum américain et propose un cadre financier pour le détroit d'Ormuz

Édité par : Aleksandr Lytviak

Téhéran a officiellement transmis aux États-Unis une contre-proposition structurée en dix points, utilisant Islamabad comme canal diplomatique, en réponse aux événements récents et à l'approche d'une date butoir critique fixée par le Président Donald Trump. Ce document rejette catégoriquement l'idée d'un simple cessez-le-feu temporaire, insistant au contraire sur une cessation définitive des hostilités sous des conditions iraniennes. Parmi les exigences centrales figurent l'arrêt total des frappes israéliennes contre le Hezbollah au Liban et la levée complète de l'ensemble des sanctions économiques imposées par Washington.

À Washington, le Président Trump a accusé réception du document, le qualifiant de « pas significatif » tout en réaffirmant qu'il n'était « pas assez bon » pour résoudre la crise. Des sources de la Maison Blanche ont confirmé que les canaux de négociation demeuraient ouverts, mais que l'échéance fixée à l'Iran ne serait pas prorogée. Le Président a durci le ton, réitérant la menace de représailles massives contre des infrastructures vitales iraniennes, telles que les ponts et les centrales électriques, si aucun accord n'est conclu avant l'échéance fixée à mardi soir, heure de Washington. Cette posture immédiate indique que la fenêtre diplomatique reste extrêmement étroite malgré l'échange formel de documents.

Le plan iranien introduit également des stipulations financières concernant le contrôle du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, une voie vitale par laquelle transite environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial en temps de paix. La contre-proposition prévoit la levée du blocus de facto imposé par Téhéran en échange de concessions. Plus précisément, le cadre iranien suggère l'instauration d'un droit de transit d'environ 2 millions de dollars par navire empruntant le détroit, avec une répartition des recettes générées, dont la moitié reviendrait au Sultanat d'Oman, pays riverain. L'Iran a précisé que sa quote-part financerait la reconstruction des infrastructures endommagées par les frappes antérieures, introduisant ainsi un mécanisme financier inédit lié à la gestion de ce passage stratégique.

En parallèle de cet échange, le Sultanat d'Oman, médiateur naturel, a confirmé avoir engagé des discussions avec l'Iran concernant les options de réouverture du passage. Ces pourparlers, impliquant des experts techniques et juridiques sous la présidence de Kazem Gharibabadi côté iranien et Khalifa Al-Harthi côté omanais, visent à examiner la situation. L'Iran avait déjà fait savoir, dès le vendredi précédent, qu'il élaborait un « protocole » avec Oman pour garantir la sécurité de la navigation « en temps de paix », soulignant une tentative de contourner la pression directe américaine.

Le rejet de la trêve par Téhéran s'inscrit dans une longue trame de méfiance, l'Iran affirmant ne plus faire confiance à l'administration Trump après des bombardements antérieurs durant les phases de négociation. Historiquement, les sanctions américaines contre l'Iran, dont les premières remontent à 1979, ont connu plusieurs phases, notamment un embargo pétrolier en 1995 et leur rétablissement en 2018 suite au retrait américain de l'accord de Vienne de 2015. L'escalade de la rhétorique s'est traduite sur les marchés financiers mondiaux, le prix du Brent ayant atteint 111,43 dollars le baril, soit une augmentation de 53 % depuis le début du conflit le 28 février. La menace de destruction d'infrastructures civiles par le Président Trump a été qualifiée d'« incitation directe au terrorisme » par l'ambassadeur iranien auprès de l'ONU, soulignant la divergence fondamentale entre les parties sur la légalité des actions militaires envisagées.

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Sources

  • Stirile ProTV

  • Hrvatski Medijski Servis

  • The New York Times

  • Reuters

  • Al Jazeera

  • CBS News

  • The Japan Times

  • Reuters

  • The Wall Street Journal

  • Axios

  • The Times of Israel

  • The Jerusalem Post

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