Vaccin anticancéreux à ARNm personnalisé administré pour la première fois à un chien

Édité par : Olga Samsonova

Une étape significative dans la médecine vétérinaire a été franchie avec l'administration du premier vaccin anticancéreux personnalisé à ARN messager (ARNm) à Rosie, un croisé Staffordshire Bull Terrier atteint d'un carcinome mastocytaire en phase terminale. Cette démarche illustre la convergence croissante entre l'intelligence artificielle et la biotechnologie appliquée à la santé animale, un domaine où la médecine personnalisée progresse, à l'image des essais cliniques en cours chez l'humain, notamment au Royaume-Uni, qui évaluent la sécurité de ces thérapies à ARNm contre certains cancers.

Le projet a été piloté par Paul Coningham, data scientist basé à Sydney, après l'échec des traitements conventionnels tels que la chirurgie et la chimiothérapie pour contenir la progression de la maladie diagnostiquée en 2024. Coningham, spécialiste de l'IA sans formation biologique formelle, a structuré son approche en s'appuyant sur le séquençage génomique des tissus tumoraux de Rosie, fourni par le Ramaciotti Centre for Genomics de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW), pour un coût d'environ 3 000 dollars. Des outils d'intelligence artificielle ont été mobilisés pour analyser les données génétiques complexes: ChatGPT a servi d'assistant de recherche pour orienter la stratégie vers l'immunothérapie, tandis qu'AlphaFold, développé par Google DeepMind, a été utilisé pour prédire les structures tridimensionnelles des protéines mutantes.

Des algorithmes d'apprentissage automatique (ML) propriétaires ont ensuite permis de cribler les données afin de sélectionner les néoantigènes les plus pertinents, constituant ainsi les cibles optimales pour induire une réponse immunitaire spécifique contre les cellules cancéreuses de Rosie. Le protocole vaccinal finalisé a été synthétisé en un vaccin à ARNm par l'équipe du Professeur Pall Thordarson, directeur de l'Institut d'ARN de l'UNSW. Le Professeur Thordarson a souligné qu'il s'agissait de la première conception d'un vaccin anticancéreux personnalisé spécifiquement pour un chien, bien que son laboratoire ait une expérience antérieure avec l'ARNm.

Le processus de fabrication du vaccin, de la séquence à la fiole, s'est achevé en moins de deux mois après la finalisation de la séquence, malgré trois mois de démarches administratives et éthiques, jugées par Coningham plus complexes que la création du vaccin. L'administration de ce vaccin expérimental a eu lieu dans le Queensland, sous la supervision du Professeur Rachel Allavena, seule chercheuse vétérinaire du pays détenant l'approbation éthique requise pour de telles expérimentations. Les premiers résultats, observés dès janvier 2025, ont indiqué une régression d'environ 75 % sur l'une des tumeurs de Rosie, accompagnée d'une nette amélioration de l'état général de l'animal.

Bien que ce succès représente une réalisation conceptuelle majeure, les experts impliqués, y compris le Professeur Thordarson, maintiennent qu'il s'agit d'une étude de cas unique et non d'une preuve généralisable de l'éradication du cancer par l'IA. Néanmoins, cette prouesse démontre le potentiel de l'accélération de la recherche médicale personnalisée grâce à l'IA, ouvrant des perspectives pour des traitements similaires chez l'humain, où des entreprises comme Moderna et BioNTech développent déjà des vaccins à ARNm contre le cancer. Des recherches antérieures, notamment celles menées à Yale, avaient déjà établi la capacité des vaccins contre le cancer à ralentir ou stopper la progression de la maladie chez les chiens, soulignant l'importance de ce modèle animal pour la recherche biomédicale.

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Sources

  • Semana.com Últimas Noticias de Colombia y el Mundo

  • Logos Press

  • UNSW Newsroom

  • Mint

  • TheStreet

  • Hindustan Times

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