Nutrition des Centenaires Chinois: L'Apport Animal Modéré Associé à la Longévité
Édité par : Olga Samsonova
Une analyse approfondie menée sur des doyens chinois, spécifiquement ceux ayant atteint l'âge de 80 ans et plus, indique une modification des exigences nutritionnelles à l'approche de l'extrême longévité, influençant les probabilités de franchir le cap du centenaire. Les chercheurs ont suivi plus de 5 200 participants dans le cadre de l'enquête chinoise sur la longévité en bonne santé, lancée en 1998. Les conclusions de cette investigation prospective, publiées en 2018 après huit années de finalisation du rapport, ont permis d'identifier 1 459 centenaires, comparés à 3 744 non-centenaires décédés avant cet âge.
Les données ont révélé un contraste notable avec les recommandations nutritionnelles courantes: les individus adhérant à un régime strictement végétal présentaient une probabilité statistiquement inférieure de devenir centenaires par rapport aux consommateurs de viande. Cette observation contredit les tendances générales qui préconisent souvent les régimes à base de plantes pour la prévention des maladies chroniques chez la population plus jeune. L'étude, conduite par des chercheurs du Département de nutrition et d'hygiène alimentaire de l'Université Fudan à Shanghai, suggère que l'inclusion de quantités modestes d'aliments d'origine animale pourrait constituer un facteur de protection contre la dénutrition et la perte de masse musculaire maigre chez les très âgés.
Les changements physiologiques liés au grand âge exacerbent le risque de fragilité et de malnutrition, rendant le maintien de la masse musculaire prioritaire. Les aliments d'origine animale sont reconnus pour fournir des protéines hautement biodisponibles, ainsi que des apports significatifs en Vitamine B12, calcium et Vitamine D, éléments cruciaux pour contrer la sarcopénie chez les seniors. De plus, la réduction du pH du tractus gastro-intestinal, fréquente chez les personnes âgées (touchant 20 % à 50 % de cette population via la gastrite atrophique), diminue l'absorption de nutriments dépendants du pH, notamment la Vitamine B12.
Un élément nuancé essentiel est apparu: l'association négative entre les régimes non carnés et le statut de centenaire n'était significative que chez les participants présentant une insuffisance pondérale, définie par un Indice de Masse Corporelle (IMC) inférieur à 18,5 kg/m². L'exclusion de la viande n'était pas le facteur déterminant si le régime alimentaire comprenait du poisson, des produits laitiers ou des œufs, soulignant que la carence en nutriments spécifiques était la préoccupation primordiale. Les pesco-végétariens et les ovo-lacto-végétariens n'ont d'ailleurs pas montré d'association négative significative avec l'atteinte des 100 ans (Odds Ratio de 0,84 et 0,86 respectivement).
La thèse centrale pour la nutrition de l'extrême vieillesse est que les stratégies diététiques doivent s'adapter au stade de vie. Alors que les régimes végétaux sont souvent bénéfiques pour les adultes plus jeunes, les individus très âgés requièrent une planification méticuleuse pour éviter les lacunes nutritionnelles. Assurer un apport suffisant en protéines et en micronutriments essentiels, potentiellement par une diversification alimentaire incluant des apports animaux modérés, soutient la résilience physique au-delà de 90 ans. Des spécialistes préconisent un régime pesco-végétarien ou fléxitarien pour maintenir un bon état de santé chez les seniors.
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Sources
unian
Science Alert
Good.is
ScienceDaily
Newzapiens
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