Sécurité Alimentaire: Affiner le Lavage des Fruits et Légumes Face aux Résidus Chimiques

Édité par : Olga Samsonova

La méthode de base pour l'assainissement des fruits et légumes frais reste le rinçage sous un filet d'eau courante, une technique jugée essentielle par les spécialistes. Néanmoins, des pratiques courantes peuvent compromettre l'intégrité nutritionnelle ou la sécurité des aliments. Le trempage prolongé des légumes peut entraîner la lixiviation des nutriments hydrosolubles, notamment la vitamine C. Inversement, l'utilisation de détergents non homologués risque de laisser des résidus potentiellement nocifs sur la surface des produits. Une autre erreur méthodologique consiste à procéder à la découpe des légumes avant le lavage, ce qui favorise la perte de nutriments sensibles à l'eau et facilite l'infiltration de composés chimiques dans les tissus exposés.

La persistance des résidus de pesticides dans la chaîne alimentaire est confirmée par des données récentes. Le rapport 2025 de l'Environmental Working Group (EWG) indique qu'environ 75 % des produits frais non biologiques distribués aux États-Unis contiennent des traces détectables de ces substances. L'EWG, dans son Guide de l'Acheteur 2025, a précisé sa méthodologie en intégrant la toxicité des pesticides identifiés. Ce guide souligne que près de la quasi-totalité des échantillons classés dans le groupe des « Douze Salopards » (Dirty Dozen™) présentaient des résidus, avec 95 % des produits conventionnels concernés.

Sur le plan réglementaire, la France prévoit de renforcer ses exigences concernant cinq ingrédients actifs de pesticides dès l'année prochaine. Cette évolution aura un impact direct sur les filières d'exportation, notamment celles des mangues et des pommes de terre, qui figurent d'ailleurs dans la liste « Dirty Dozen » 2025 de l'EWG. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) évalue et autorise les produits phytopharmaceutiques en France depuis 2015, en application des critères de l'Union européenne, dans un effort de maîtrise des risques.

Pour les légumes-feuilles, la prévention de la contamination bactérienne passe par la séparation individuelle des feuilles et un rinçage méticuleux sous un flux d'eau constant, sans stagnation. Pour les tubercules et les légumes à peau rugueuse, comme les carottes et les pommes de terre, un brossage vigoureux sous l'eau courante est recommandé, suivi d'un pelage immédiat. Pour les denrées plus fragiles, une approche combinée peut être envisagée: un bref bain dans une solution diluée de sel ou de vinaigre, suivi d'un rinçage exhaustif. Des recherches montrent que des solutions à base de bicarbonate de sodium (10 g/L) peuvent réduire jusqu'à 96 % des résidus de phosmet après un trempage de 12 à 15 minutes, une durée qui doit être contrôlée pour préserver les vitamines hydrosolubles.

L'épluchage, bien qu'efficace contre les résidus de surface, entraîne une perte des nutriments concentrés dans la peau, comme c'est le cas pour les poivrons ou les aubergines, qui font partie des produits les plus contaminés. L'enjeu réside dans l'équilibre entre la décontamination chimique et la conservation du capital nutritionnel. Les vitamines sensibles à l'eau et à la chaleur, telles que la vitamine C et l'acide folique, peuvent subir des pertes significatives, atteignant jusqu'à 60 % lors d'une cuisson prolongée dans l'eau. À l'inverse, les produits du groupe « Clean Fifteen » de l'EWG, incluant les avocats, les oignons et les ananas, présentent les niveaux de résidus les plus faibles, près de 60 % des échantillons n'affichant aucune trace détectable.

8 Vues

Sources

  • cafef.vn

  • Food Safety Magazine

  • EWG

  • Báo Lao Động

  • PLO

  • Tuổi Trẻ Online

Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.