La séparation des mots suédois altère le sens par les « Särskrivningar »

Édité par : Vera Mo

Le phénomène linguistique connu sous le nom de särskrivningar en suédois illustre la sensibilité de la langue à la juxtaposition et à la séparation des morphèmes, un facteur qui peut engendrer des malentendus significatifs. Cette particularité grammaticale se distingue de l'anglais, qui utilise fréquemment des composés ouverts ou le trait d'union, contrastant avec la tendance d'autres langues germaniques à fusionner les éléments en une seule unité lexicale. Le suédois, langue germanique parlée par environ 10,4 millions de locuteurs principalement en Suède et en Finlande, conserve une intelligibilité mutuelle avec le danois et le norvégien, héritage du vieux norrois.

La règle fondamentale de la grammaire suédoise exige que deux noms décrivant un concept unique soient orthographiés comme un seul mot composé. Par exemple, kycklinglever signifie « foie de poulet ». Si ces termes sont séparés pour former kyckling lever, la signification se transforme littéralement en « le poulet vit », car lever est également la forme conjuguée du verbe « vivre » au présent. Ces distinctions orthographiques sont au cœur de débats linguistiques persistants depuis le XIXe siècle, constituant une source d'irritation pour les puristes de la grammaire suédoise.

L'impact de cette distinction est parfois spectaculaire, comme l'illustre l'exemple de rödhårig (un seul mot) qui se traduit par « femme aux cheveux roux », tandis que la forme séparée röd hårig signifie littéralement « une femme qui est à la fois rouge et poilue ». Un cas souvent cité impliquait un salon de coiffure à Malmö qui avait orthographié sex stolar (six chaises) en sexstolar, créant involontairement la locution « chaises de sexe ». La structure de la phrase suédoise suit généralement l'ordre Sujet-Verbe-Objet (SVO), tout en appliquant souvent la règle V2, plaçant le verbe en deuxième position dans les propositions déclaratives.

Pour aider les locuteurs à naviguer dans cette complexité, une ligne directrice auditive est souvent suggérée: si les deux composantes s'enchaînent sans pause perceptible à l'oral en suédois, elles devraient généralement être fusionnées en un seul mot composé. Les langues germaniques préfèrent accoler les substantifs pour former de nouveaux concepts, à l'image de ordbok (dictionnaire, littéralement « livre de mots »), contrairement aux langues latines qui privilégient la dérivation par suffixe. Le genre d'un mot composé en suédois est déterminé par le noyau, c'est-à-dire le dernier élément du groupe nominal. Ironiquement, la tendance anglaise à utiliser des composés ouverts a engendré aux Pays-Bas le terme Engelse ziekte (« maladie anglaise »), qui désigne le rachitisme en néerlandais et en suédois, soulignant les divergences orthographiques entre langues germaniques proches.

Malgré cette complexité, la grammaire suédoise présente des avantages, notamment l'absence de conjugaison verbale selon la personne, une seule forme étant utilisée pour tous les sujets (ex. Jag heter, du heter, hon/han heter pour « je m'appelle, tu t'appelles, il/elle s'appelle »). Les apprenants doivent également maîtriser les trois voyelles supplémentaires de l'alphabet: å, ä et ö, qui contribuent à la sonorité de la langue.

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Sources

  • The Local

  • The Local Sweden

  • The Local Sweden

  • words from sweden

  • Linguistics Conferences in Amsterdam April 2026

  • Compound words and joint morphemes in Swedish - Duolinguists - WordPress.com

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