
Crise politique au Kosovo : la présidente Vjosa Osmani dissout le Parlement après l'échec de l'élection présidentielle
Édité par : Tatyana Hurynovich

Le Kosovo traverse une zone de turbulences politiques sans précédent. La présidente de la République, Vjosa Osmani, a pris la décision formelle de dissoutre le Parlement ce vendredi 6 mars 2026, marquant ainsi le début d'un nouveau cycle électoral incertain. Cette mesure drastique intervient après le constat d'échec de l'Assemblée, incapable d'élire un nouveau chef d'État avant l'expiration du délai constitutionnel fixé au jeudi 5 mars 2026. Ce dénouement impose au pays l'organisation de troisièmes élections législatives anticipées en moins de douze mois, un rythme qui souligne la profondeur de la crise institutionnelle actuelle.
Vjosa Osmani, dont le mandat présidentiel de cinq ans doit s'achever le 4 avril 2026, a tenu à préciser que la dissolution de l'organe législatif constituait l'exercice d'une responsabilité constitutionnelle incontournable. Elle a déploré la situation en la qualifiant de « grand malheur pour l'État, qui aurait pu être totalement évité » si les acteurs politiques avaient fait preuve de plus de compromis. Le blocage repose sur une règle arithmétique stricte : selon l'article 86 de la Constitution du Kosovo, l'élection présidentielle nécessite une majorité qualifiée des deux tiers des membres de l'Assemblée, soit le ralliement de 80 députés sur les 120 sièges que compte l'institution.
La séance parlementaire décisive de jeudi soir a tourné au fiasco lorsque seuls 66 députés se sont présentés dans la salle de délibération, empêchant de fait l'ouverture de la procédure de vote par manque de quorum. Le Premier ministre Albin Kurti et son mouvement Vetëvendosje (LVV), qui avaient remporté le scrutin de décembre 2025, soutenaient la candidature de Glauk Konjufca, l'actuel vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Cependant, les partis de l'opposition ont orchestré un boycott systématique, refusant de valider un candidat qu'ils jugent trop partisan et réclamant une figure de consensus national pour la plus haute fonction de l'État.
Cette instabilité chronique fragilise les ambitions européennes du Kosovo et témoigne d'une polarisation extrême de sa classe politique. Le pays semble enfermé dans une spirale électorale depuis que le gouvernement issu des élections de février 2025 n'a pas réussi à maintenir une majorité stable, menant déjà à un scrutin anticipé le 28 décembre 2025. Bien que le gouvernement « Kurti III » ait été investi en février 2026 avec une majorité relative de 66 voix contre 49, cette victoire n'a pas suffi à briser l'impasse entourant l'élection présidentielle, confirmant que le contrôle de l'exécutif ne garantit pas la maîtrise du calendrier institutionnel.
La présidente Osmani a fustigé les manœuvres dilatoires de certains parlementaires, qualifiant les retards de « bien calculés » pour paralyser l'État. Elle a rappelé que l'Assemblée ne peut se soustraire indéfiniment à ses devoirs constitutionnels sous prétexte de désaccords partisans. Par le passé, des tentatives de réforme visant à instaurer l'élection du président au suffrage universel direct pour éviter de tels blocages avaient échoué faute de consensus. Dans un ultime effort juridique, la présidente de l'Assemblée, Albulena Haxhiu, avait sollicité la Cour constitutionnelle pour obtenir un report des délais, mais cette démarche n'a pas permis d'éviter la dissolution.
Les conséquences de ce vide institutionnel sont multiples, menaçant non seulement la gestion des affaires courantes mais aussi le dialogue diplomatique complexe avec la Serbie. Ce vendredi, Vjosa Osmani doit entamer une série de consultations avec les leaders des partis politiques afin de déterminer la date exacte des prochaines élections générales. Ce nouveau rendez-vous aux urnes, le troisième depuis le début de l'année 2025, constitue un défi majeur pour la crédibilité des institutions et la stabilité à long terme de la jeune démocratie kosovare, qui peine à trouver un équilibre parlementaire durable.
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Sources
tagesschau.de
December 2025 Kosovan parliamentary election - Wikipedia
Kosovo: Präsidentin löst Parlament auf und kündigt Neuwahlen an - DER SPIEGEL
Osmanis zweite Amtszeit: Wie stehen die Chancen und Erwartungen für ihre Wiederwahl? - Telegrafi
Kosovo: Präsidentin löste Parlament auf und kündigte Neuwahlen an - Kurier
Parlamentswahl im Kosovo Dezember 2025 - Wikipedia
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