Mécanismes de Longévité du Requin du Groenland Révélés par l'Analyse de la Réparation de l'ADN
Édité par : Olga Samsonova
Une étude scientifique récente, publiée dans la revue Nature Communications, apporte un éclairage nouveau sur le requin du Groenland (*Somniosus microcephalus*), le vertébré connu pour sa longévité exceptionnelle, pouvant atteindre, selon les estimations basées sur la datation au radiocarbone de leur cristallin, 400 à 500 ans. Malgré cet âge avancé et l'environnement hostile des abysses, ces espèces conservent un système visuel remarquablement fonctionnel. Cette longévité dépasse celle d'autres animaux à vie longue, comme la tortue géante Jonathan, estimée à 191 ans.
L'hypothèse antérieure suggérant une quasi-cécité chez ces habitants des profondeurs de l'Atlantique Nord et du Pacifique Nord était fondée sur leur habitat d'obscurité quasi totale, entre 200 et 400 mètres, et la présence fréquente du copépode parasite *Ommatokoita elongata* sur leur cornée. Cependant, des chercheurs de l'Université de Californie à Irvine et de l'Université de Bâle ont observé des comportements, tels que le suivi de sources lumineuses, qui contredisent cette supposition. L'analyse de spécimens, dont certains datés de plus d'un siècle, a permis de décrypter les secrets de cette persistance sensorielle.
L'architecture rétinienne du *Somniosus microcephalus* est spécifiquement adaptée à la faible luminosité. Sa rétine est exclusivement composée de photorécepteurs de type bâtonnets, optimisés pour capter la lumière bleue. La protéine de détection lumineuse, la rhodopsine, est ajustée pour une longueur d'onde de 458 nanomètres, maximisant ainsi la capture des photons disponibles. De manière significative, les tests moléculaires sur les tissus oculaires des spécimens les plus âgés n'ont montré aucune dégénérescence rétinienne, un phénomène typique du vieillissement neuronal chez d'autres vertébrés.
Le fondement de cette préservation visuelle sur plusieurs siècles réside dans des mécanismes de réparation de l'ADN d'une grande robustesse. Les analyses génomiques ont révélé une expression soutenue des gènes de réparation, notamment *ercc1* et *ercc4*, dans la rétine de ces requins, contrairement aux espèces à vie plus courte. Ces mécanismes, incluant la réparation par excision de bases (BER) et la réparation par recombinaison homologue (HRR), maintiennent l'intégrité génétique cellulaire sur le long terme. Le génome du requin du Groenland, colossal avec 6,5 milliards de paires de bases, est en partie le reflet de cette capacité de maintenance.
Ces découvertes ont des implications directes pour la recherche biomédicale humaine. Comprendre comment le requin du Groenland préserve l'intégrité de ses cellules neuronales pendant des siècles pourrait orienter le développement de thérapies visant à ralentir les processus dégénératifs affectant la vision humaine, comme le glaucome ou la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA). Ce géant des profondeurs, qui atteint sa maturité sexuelle vers 150 ans et grandit de 0,5 à 1 cm par an, est ainsi devenu un modèle involontaire de résilience cellulaire. Actuellement classé Quasi Menacé par l'UICN, ce requin, pouvant mesurer jusqu'à 7 mètres, continue d'offrir des connaissances précieuses sur la persistance biologique.
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Sources
ScienceAlert
Oxu.Az
NOAA
UC Irvine News
Popular Science
ScienceAlert
Resilience to cardiac aging in Greenland shark Somniosus microcephalus
Resilience to cardiac aging in Greenland shark Somniosus microcephalus
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