Psychologie sociale: la gestion des impressions motive le rangement avant les visites

Édité par : Olga Samsonova

La tendance courante à effectuer un nettoyage intensif avant l'arrivée d'invités trouve ses fondements dans des mécanismes psychologiques sociaux, principalement la gestion des impressions. Ce comportement, où l'individu ajuste ses actions en anticipant le regard d'autrui, s'aligne sur l'Effet Hawthorne, un phénomène documenté suite aux expériences menées par Elton Mayo à l'usine Western Electric Company à Hawthorne entre 1924 et 1932. La conscience d'être l'objet d'une attention particulière incite les sujets à modifier leur conduite, se manifestant ici par une propreté accrue de l'environnement domestique.

L'espace de vie est utilisé comme un vecteur pour communiquer des attributs personnels, notamment le trait de caractère de la conscience, aux visiteurs, ce qui renforce la nécessité d'optimiser cette auto-présentation. La gestion des impressions, conceptualisée par Erving Goffman en 1959 dans son ouvrage *La présentation de soi dans la vie quotidienne*, est précisément cette tactique visant à orienter la perception qu'autrui forme de nous. Ce besoin de contrôle sur l'environnement immédiat avant une visite peut également être analysé comme un désir de maîtriser son cadre de vie, l'ordre devenant un point de repère rassurant face à l'incertitude de l'interaction sociale à venir.

Psychologiquement, cette activité de rangement remplit une double fonction: elle sert à la fois la gestion des impressions externes et une forme de régulation interne, harmonisant l'environnement visible avec un ordre désiré intérieurement. Ce rituel peut aussi être interprété comme un acte de service, une expression d'affection, en lien avec la théorie des 5 langages de l'amour du Dr Gary Chapman, signalant que la présence de l'invité est valorisée. Par ailleurs, un environnement ordonné est corrélé au bien-être personnel; une étude de 2020 publiée dans *Personality and Social Psychology Bulletin* a établi qu'un cadre de vie désordonné augmente le niveau de stress et la fatigue.

Cette dépendance à des déclencheurs externes pour initier le nettoyage contraste avec la motivation autonome, laquelle est associée à un meilleur bien-être selon la Théorie de l'Autodétermination (TAD). La TAD, développée par Edward Deci et Richard Ryan à partir des années 1970, postule que la motivation intrinsèque est favorisée par la satisfaction de trois besoins fondamentaux: autonomie, compétence et lien social. La motivation contrôlée, qui s'apparente à une action dictée par une pression externe, s'oppose à cette forme autonome. Les tendances actuelles suggèrent qu'un soin de soi véritable implique de cultiver des espaces de vie qui procurent une sensation de bien-être intrinsèque, soutenant ainsi le besoin d'autonomie environnementale défini par la TAD. L'environnement social, selon cette théorie, peut soit soutenir, soit entraver l'interaction autodéterminée d'une personne avec son cadre, soulignant l'importance de créer des contextes favorables à la satisfaction de ces besoins fondamentaux.

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Sources

  • Bunte

  • UT Austin News

  • Explorable.com

  • Helpful Professor

  • APA PsycNet

  • The Daily Texan

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