La Méditation Modifie la Dynamique Cérébrale vers un État de Criticité Optimale
Édité par : Olga Samsonova
La recherche psychologique contemporaine confirme que la méditation induit des modifications profondes dans la structure et le fonctionnement du cerveau, dépassant la simple réduction du stress. Des travaux récents, utilisant la magnétoencéphalographie (MEG) à haute résolution, ont révélé une augmentation des connexions neuronales chez les pratiquants assidus, les orientant vers un état théorique qualifié de « criticité cérébrale ».
Cet état représente un équilibre sophistiqué où les réseaux neuronaux maintiennent une stabilité suffisante pour un transfert d'information fiable, tout en conservant la flexibilité nécessaire à une adaptation rapide aux changements environnementaux ou internes. Des chercheurs ont analysé les signaux électrophysiologiques d'experts bouddhistes chevronnés engagés dans deux méthodologies: le Samatha, focalisé sur l'attention, et le Vipassana, basé sur l'observation ouverte. L'étude a démontré que ces deux styles de méditation entraînaient une augmentation mesurable de la complexité des signaux neuronaux par rapport à l'état de repos.
L'analyse par coefficient de déviation de la criticité (DCC) a permis de distinguer des configurations neuronales spécifiques corrélées aux expériences subjectives propres à chaque technique. Un résultat notable observé chez cette cohorte de moines, dont l'expertise cumulée se chiffre en milliers d'heures, concerne la modulation des oscillations neuronales. Les deux pratiques ont induit une réduction des oscillations gamma, une bande de fréquence habituellement associée au traitement des stimuli externes, suggérant un déplacement de l'engagement vers la conscience interne et la vigilance détendue.
Le concept de criticité, emprunté à la physique statistique, décrit un système complexe opérant à la limite d'une transition de phase, un point où l'adaptabilité et l'efficacité computationnelle sont maximisées. Dans le contexte neuronal, cela signifie que le cerveau fonctionne à un « point de bascule » entre un régime subcritique, où l'activité s'éteint rapidement, et un régime supercritique, où l'activité s'amplifie de manière incontrôlée. La recherche suggère que cet état critique est fondamental pour l'apprentissage, la mémoire et le traitement optimal de l'information.
L'analyse a montré que si le Samatha tend à stabiliser un état cérébral plus concentré, le Vipassana semble rapprocher davantage les pratiquants de cet état de criticité cérébrale. Des neuroscientifiques, dont les travaux ont été menés en collaboration avec des figures comme Antoine Lutz et Richard Davidson, soulignent que ces pratiques reconfigurent activement l'activité cérébrale vers un état dynamique riche en informations. Les données recueillies auprès des moines bouddhistes, dont certains possèdent plus de 15 000 heures de pratique méditative, indiquent que la complexité des signaux neuronaux augmente significativement, confirmant le rôle de la méditation experte comme entraînement cérébral puissant.
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Sources
MARCA
El Confidencial
El Imparcial
El Tiempo
El Tiempo
Anton Paz
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