Archéologie: La Culture Culinaire Sophistiquée de l'Égypte Ancienne Révélée
Édité par : Olga Samsonova
Les rituels funéraires de l'Égypte antique fournissent une archive matérielle précieuse de la gastronomie de cette civilisation millénaire. L'analyse des offrandes et des représentations murales révèle une structure alimentaire solidement ancrée dans l'agriculture du Nil, où les céréales, principalement l'orge et le blé emmer, formaient le socle de la subsistance. Ces céréales étaient utilisées pour confectionner le pain et la bière, boissons essentielles consommées par toutes les strates sociales, du paysan à l'élite.
Les rations des ouvriers illustrent cette base céréalière: à l'époque Ramesside, un ouvrier standard recevait mensuellement environ 300 litres de blé pour le pain et 110 litres d'orge pour la bière. Le régime de la population générale s'étendait aux produits locaux issus de l'horticulture et des légumineuses, incluant des légumes comme les oignons, les lentilles, les fèves, ainsi que des fruits tels que les dattes et les grenades. Ces composantes régulières des repas quotidiens assuraient un apport en fibres et protéines végétales, notamment via les bouillies et soupes consommées par la majorité, comme le soulignent les archéologues tels que Mennat-Allah El Dorry, en se basant sur les restes trouvés dans les tombes.
Une distinction marquée existait pour les classes supérieures, dont le régime se caractérisait par une consommation plus fréquente de protéines animales et d'ingrédients importés. La viande de bœuf, de volaille et de porc était plus régulière pour l'élite, contrastant avec le poisson séché ou salé servant d'alternative protéique pour le peuple. Pour conserver ces denrées périssables, les privilégiés employaient des techniques avancées, y compris l'usage de résines importées, comme le *pistacia*, pour la conservation de la viande. L'importation de produits comme la grenade était également plus fréquente pour les élites jusqu'au Nouvel Empire.
La complexité culinaire égyptienne se manifeste par l'application de techniques d'assaisonnement élaborées. L'utilisation d'aromates tels que l'ail, le cumin et le miel indique une recherche de saveur au-delà de la simple subsistance. Le miel, produit localement, servait d'édulcorant clé pour les pâtisseries, dont le gâteau conique à base de rhizomes de souchet. Ces pratiques, documentées sur des parois de tombeaux comme celui de Rekhmirê, témoignent d'un art de vivre raffiné. Il est à noter que, bien que le porc ait parfois été associé au dieu Seth, il était consommé, notamment par les classes inférieures, contredisant certaines interprétations ultérieures.
11 Vues
Sources
ElNacional.cat
Sands of Time Gallery
wisdomlib
r/OutoftheTombs - Reddit
CairoScene
The Metropolitan Museum of Art
Lisez plus d’actualités sur ce sujet :
Avez-vous trouvé une erreur ou une inexactitude ?Nous étudierons vos commentaires dans les plus brefs délais.



