MAPS (C/2026 A1) la comète est actuellement un faible point vert dans la constellation Китa. Photo par Dan Bartlett, prise le 8 марта à Джун-Лейк, Калифорния.
La communauté astronomique internationale est en effervescence à l'approche du 4 avril 2026, date à laquelle la comète C/2026 A1 (MAPS) atteindra son périhélie. Ce membre éminent de la famille des comètes rasantes de Kreutz, nommée en l'honneur de l'astronome Heinrich Kreutz, s'apprête à s'approcher de la photosphère solaire à une distance vertigineuse d'environ 159 000 kilomètres. À ce stade, l'objet céleste traversera la couronne solaire, une région où les températures extrêmes dépassent le million de degrés Celsius, rappelant les passages historiques de la Grande comète de 1843 ou de la célèbre Ikeya–Seki de 1965.
Une image d'une comète du 11 mars avec une magnitude apparente de 10.
Identifiée pour la première fois le 13 janvier 2026, cette comète a été repérée par une équipe d'astronomes français dans le cadre du programme MAPS. La découverte a été réalisée depuis l'observatoire AMACS1 situé à San Pedro de Atacama, au Chili, alors que l'astre affichait une magnitude apparente de 18 à une distance de 308 millions de kilomètres du Soleil. Cette détection précoce, survenue 81 jours avant le passage au périhélie, constitue un record pour une observation terrestre de cette catégorie d'objets. Depuis lors, l'activité de MAPS s'est intensifiée de manière spectaculaire, sa luminosité ayant été multipliée par près de 600 pour atteindre une magnitude de 10,8 à la mi-mars 2026, la rendant ainsi accessible aux télescopes amateurs de 8 à 10 pouces d'ouverture.
Les prévisions concernant l'éclat maximal de la comète font l'objet de débats passionnés au sein de la communauté scientifique. Tandis qu'un modèle théorique particulièrement optimiste suggère une magnitude de -16, ce qui surpasserait la luminosité de la pleine Lune, des estimations plus prudentes tablent sur un pic aux alentours de -5, une valeur comparable à l'éclat de la planète Vénus. Avec une inclinaison orbitale d'environ 144 degrés, C/2026 A1 est considérée comme le fragment d'une comète géante originelle qui se serait désintégrée il y a plus de deux millénaires. L'intérêt des chercheurs se porte désormais sur la résistance structurelle du noyau face aux forces gravitationnelles et thermiques colossales exercées par notre étoile.
Malgré l'enthousiasme, les modèles analytiques pointent vers une probabilité élevée de désintégration totale lors de ce passage périlleux, un sort fréquemment réservé aux petits membres du groupe de Kreutz. Toutefois, si le noyau s'avère suffisamment massif pour survivre à une vitesse de croisière dépassant 1,5 million de kilomètres par heure, la comète pourrait offrir un spectacle visuel sans précédent. En raison des risques liés à l'observation directe à proximité du Soleil, les astronomes privilégieront la télédétection, s'appuyant notamment sur les données fournies par l'instrument LASCO C3 de l'observatoire spatial SOHO pour suivre l'évolution de l'astre en temps réel.
La trajectoire de C/2026 A1 se distingue par une orbite rétrograde avec une période de révolution estimée à environ 1660 ans, une durée bien supérieure aux 700 ou 800 ans habituels pour les autres fragments connus de la lignée de Kreutz. Cette singularité suggère que MAPS pourrait être un débris de « deuxième génération », potentiellement issu d'un corps parent observé par l'historien romain Ammien Marcellin en l'an 363 de notre ère. Pour les passionnés d'astronomie, les meilleures conditions d'observation se situeront dans l'hémisphère Sud. Si la comète survit à son passage solaire, elle devrait être visible dans les lueurs du crépuscule entre le 5 et le 14 avril 2026.