Le Ministère de l'Environnement et des Forêts d'Indonésie a significativement renforcé ses stratégies pour garantir la survie du marsouin du fleuve Mahakam, connu localement sous le nom de « pesut ». Cette espèce endémique du fleuve Mahakam en Kalimantan Oriental est classée en danger critique d'extinction par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Un recensement récent, datant d'octobre 2025, a révélé une population estimée à 64 individus, un chiffre qui, bien qu'encourageant, inclut deux nouveau-nés, signalant une légère amélioration par rapport aux dénombrements précédents.
Ce mammifère aquatique représente l'une des cinq espèces de dauphins de rivière subsistantes dans le monde, toutes classées comme Menacées ou en Danger Critique par l'UICN. Afin de contrer les multiples facteurs de déclin, le ministère collabore étroitement avec le Ministère des Affaires Maritimes et des Pêches. Une mesure clé adoptée est l'interdiction du transit des convois de charbon par les affluents cruciaux de l'habitat des dauphins, une disposition visant à dérouter ce trafic lourd vers des itinéraires terrestres ou les voies fluviales principales.
Les menaces pesant sur le pesut sont multiples et interconnectées. L'enchevêtrement dans les engins de pêche, notamment les filets maillants à mailles inappropriées, constitue un danger majeur, des études antérieures ayant indiqué que cette cause représentait environ 67 % des décès enregistrés. S'y ajoutent les collisions avec les barges de transport, la pollution de l'eau et l'utilisation de méthodes de pêche illégales telles que l'électro-pêche.
La stratégie de conservation actuelle repose sur une approche intégrée mobilisant l'expertise scientifique et l'engagement communautaire. Des experts locaux et des riverains ont été désignés pour appuyer les efforts de surveillance. Une cartographie précise des points chauds de menace, incluant les déchets industriels et domestiques, a été achevée. Des initiatives locales, comme celle du village de Pela où le dauphin est vénéré, illustrent une coexistence harmonieuse qui doit désormais être formalisée par des réglementations protégeant des zones écologiques clés. Des dispositifs acoustiques, ou « pingers », sont également déployés pour dissuader les dauphins de s'approcher des filets.
La préservation de cette icône de la biodiversité de Kalimantan est désormais une priorité nationale. Il est crucial de reconnaître l'impact de l'environnement sonore, les dauphins étant très sensibles aux perturbations acoustiques générées par le trafic maritime dense, notamment celui des barges de charbon dans les chenaux étroits. La pérennité de cette population dépendra de la capacité à transformer les pratiques industrielles et de pêche pour rétablir un milieu de vie sain, permettant à cette lignée unique de prospérer.
