Díaz-Canel réaffirme l'ouverture au dialogue face à l'intensification du blocus énergétique américain
Édité par : Tatyana Hurynovich
Le Président cubain Miguel Díaz-Canel a, le lundi 6 avril 2026, réitéré la disposition de La Havane à engager une discussion bilatérale « sérieuse et responsable » avec les États-Unis. Cette déclaration intervient au terme d'une mission de cinq jours menée par les législateurs démocrates Pramila Jayapal et Jonathan Luther Jackson sur le territoire cubain, dans un contexte de pressions économiques accrues exercées par Washington.
La démarche diplomatique s'inscrit dans une période de tension extrême, exacerbée par le siège énergétique imposé par l'administration Trump. Ce blocus de facto, formalisé par un décret exécutif signé le 29 janvier 2026, a déclaré l'urgence nationale et autorisé l'imposition de tarifs douaniers punitifs sur les importations de pétrole destinées à Cuba. Ce resserrement économique, effectif depuis janvier 2026, a plongé l'île dans une crise énergétique majeure, entraînant des pannes de courant généralisées et des perturbations des services essentiels. Cette manœuvre s'inscrit dans une stratégie de « pression maximale » qui a notamment conduit le Mexique à suspendre temporairement ses livraisons de pétrole dès le 27 janvier.
Durant leur séjour, les représentantes Jayapal et Jackson ont rencontré un large éventail d'acteurs, incluant des dissidents politiques, des représentants gouvernementaux et des organisations civiles. Les élus américains ont fermement condamné le blocus pétrolier, le qualifiant de « bombardement économique » ayant engendré des « souffrances incalculables » pour la population, et ont exigé sa cessation immédiate. Le Ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a également détaillé aux parlementaires l'« agression multidimensionnelle » dont le pays est victime.
Malgré la pression, un répit partiel est survenu lorsqu'un pétrolier russe, transportant 100 000 tonnes de brut, est parvenu à accoster à Cuba le 30 mars 2026. Le Président Díaz-Canel, qui avait déjà évoqué des phases initiales de dialogue le 13 mars, a dénoncé les « dommages criminels » causés par le blocus, tout en mettant en garde contre des « menaces d'actions encore plus agressives » émanant de Washington. Le modèle économique centralisé de l'île est également mis à l'épreuve par ces restrictions, avec des conséquences directes sur les consommateurs: coupures d'électricité prolongées, paralysie des hôpitaux et inflation des denrées alimentaires.
Sur la scène internationale, des experts des Nations Unies ont vivement condamné le décret américain du 29 janvier 2026, le qualifiant de « grave violation du droit international » et de « forme extrême de coercition économique unilatérale ». Parallèlement, des anciens chefs d'État caribéens ont qualifié cette mesure de « guerre économique ». Dans un geste interprété par certains comme une tentative d'apaisement dans ce climat tendu, le gouvernement cubain a annoncé, le 3 avril 2026, la libération de plus de 2000 détenus.
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Sources
Deutsche Welle
Cubita NOW
SWI swissinfo.ch
EFE
Infobae
teleSUR
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