
Crédit image : Ju Young Lee et al., 2026
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Édité par : Aleksandr Lytviak

Crédit image : Ju Young Lee et al., 2026
Des chercheurs du Centre Médical Universitaire d'Amsterdam (Amsterdam UMC) ont établi la première cartographie tridimensionnelle complète de la structure nerveuse interne du clitoris, marquant une avancée significative en imagerie anatomique. L'ébauche de cette étude, dirigée par Ju Young Lee, a été mise en ligne sur bioRxiv le 20 mars 2026, suscitant un intérêt notable début avril 2026. Cette recherche repose sur l'application de la Tomographie par Contraste de Phase Hiérarchique (HiP-CT), une technique d'imagerie par rayons X de haute précision exploitant la source synchrotron de l'European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) en France, notamment son Extremely Brilliant Source (EBS).
La méthodologie HiP-CT a permis d'analyser deux échantillons de pelvis féminins post-mortem avec une résolution atteignant 0,2 mm de diamètre, surpassant les capacités de l'imagerie par résonance magnétique conventionnelle ou de la dissection. Cette observation non destructive et multi-échelle a permis de réfuter des conceptions anatomiques simplifiées. Les résultats indiquent que le nerf dorsal du clitoris (DNC) ne s'estompe pas progressivement, mais présente plutôt un motif de ramification complexe et robuste, structuré comme un arbre, au sein du gland clitoridien. La cartographie a permis de tracer cinq troncs nerveux majeurs dans le gland et a confirmé l'innervation des structures adjacentes, telles que le capuchon clitoridien et le mont du pubis.
Cette précision anatomique intervient près de trois décennies après une étude comparable sur le réseau nerveux du pénis, soulignant un retard historique dans l'étude de l'anatomie féminine, souvent attribué à des facteurs culturels. L'urologue Helen O'Connell de Melbourne, dont les travaux antérieurs ont mis en lumière cette négligence, a précédemment affirmé que le clitoris avait été « effacé intellectuellement par la communauté médicale et scientifique ». En 2005, O'Connell avait déjà utilisé l'IRM pour comparer l'ampleur des nerfs à des fils de cintre plutôt qu'à de simples filaments.
Les implications pratiques de cette nouvelle cartographie sont importantes pour la chirurgie, offrant une référence essentielle pour les interventions visant à préserver la fonction nerveuse. Cette précision est cruciale pour les chirurgies pelviennes, incluant les traitements contre le cancer, les labioplasties, et les procédures de reconstruction pour les survivantes de mutilations génitales féminines (MGF), qui touchent plus de 230 millions de femmes selon l'Organisation Mondiale de la Santé. Les données préliminaires de cette étude, en attendant l'évaluation par les pairs, visent à réduire les dommages nerveux involontaires pouvant altérer la fonction sexuelle post-opératoire. L'équipe de recherche, dont Ju Young Lee est chercheuse postdoctorale à l'Amsterdam UMC, considère cette cartographie comme un point de départ pour une compréhension plus complète de l'anatomie féminine.
Daily Mail Online
VICE
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The Guardian
Live Science
bioRxiv