Logistique Alimentaire Spatiale: Lyophilisation, Recyclage de l'Eau et Cultures Futures sur l'ISS

Édité par : Olga Samsonova

L'approvisionnement des équipages à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) repose sur des solutions d'ingénierie optimisant le poids et la stabilité des denrées en microgravité. La lyophilisation, technique dont les fondements datent du programme Gemini de la NASA, demeure centrale à cette logistique. Elle préserve les nutriments essentiels par sublimation sous vide, permettant la réhydratation de repas variés tels que des œufs brouillés ou des pâtes. Cette méthode, perfectionnée au fil du temps, a significativement réduit la masse des rations spatiales et prolongé leur durée de conservation.

Pour des impératifs de sécurité opérationnelle, les tortillas sont privilégiées au pain classique, car elles ne génèrent pas de miettes susceptibles de contaminer des équipements électroniques sensibles à bord de la station. L'apport nutritionnel est rigoureusement calibré pour contrer les effets physiologiques de l'impesanteur, notamment la dégradation de la masse osseuse et musculaire. Des études indiquent qu'un astronaute peut subir une perte de densité osseuse atteignant 1% par mois en microgravité, justifiant l'intégration de compléments spécifiques, comme l'ajout récent de protéines d'amarante riches en calcium.

La gestion de l'eau à bord de l'ISS démontre une efficacité remarquable grâce à des systèmes de récupération avancés. Ces systèmes parviennent à restituer environ 93% de l'eau consommée, qu'elle provienne de la respiration, de la transpiration ou de l'urine. Des avancées récentes, notamment l'intégration du Brine Processor Assembly (BPA), ont permis d'élever ce taux de récupération à 98% en traitant la saumure résiduelle issue de la distillation de l'urine. Jill Williamson, responsable des sous-systèmes d'eau de l'ECLSS, a confirmé que ce taux de 98% dépasse les niveaux antérieurs de 93 à 94% avant l'implémentation du BPA dans le cadre du système de support de vie environnemental (ECLSS).

Parallèlement à l'optimisation des ressources embarquées, les agences spatiales développent des technologies pour la culture d'aliments sur la Lune et au-delà, une étape jugée cruciale pour l'autonomie lors de missions de longue durée. Le Centre national d'études spatiales (Cnes) collabore avec des entités telles que Timac Agro France sur ce défi, se concentrant sur des légumineuses capables de couvrir potentiellement 100% des apports en protéines, lipides et glucides avec une consommation quotidienne de 300 à 500 grammes. Ces recherches, qui incluent l'étude de la germination dans le régolithe lunaire, visent à assurer une alimentation saine et variée pour les futures bases lunaires, en attendant les fenêtres de ravitaillement vers Mars qui surviennent environ tous les 18 mois.

L'Agence spatiale européenne (ESA) explore également la production de poudres nutritives protéinées, comme le Solein, afin de minimiser la charge utile des missions martiennes. Ces initiatives marquent une orientation vers des écosystèmes de survie en boucle fermée, considérés comme indispensables pour pérenniser l'exploration humaine au-delà de l'orbite terrestre basse, le maintien de la santé physique et mentale des astronautes dépendant de ces innovations en matière de subsistance spatiale.

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Sources

  • ElNacional.cat

  • Agencia de Noticias Ekhbary

  • TN

  • Infobae

  • YouTube

  • Economía Sustentable

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